Le week-end dernier, l'Acte II de Carrièras Occitanas a rassemblé 500 personnes à Montségur et à Laroque d'Olmes, en Ariège, selon le chroniqueur Joan Lois Blenet. Malgré l'interdiction d'accès au château par la municipalité, le collectif de jeunes a mené une action visible et joyeuse pour la langue occitane.
Un rassemblement malgré les interdictions
Le rassemblement s'est tenu dimanche 18 octobre au Prat dels Cremats (Champ des Brûlés) à Montségur, suivi d'une ascension vers le Puèg et le château avec drapeaux et musiques. La municipalité avait interdit l'accès au château pour des raisons de sécurité, mais cette interdiction a été bravée. L'événement visait à manifester la mémoire du lieu, symbole de résistance contre la monarchie capétienne, qui y perpétra un massacre de masse contre la liberté de conscience et de pensée.
Le collectif, composé de jeunes, veut faire vivre la langue au quotidien et revenir manifester pour elle, ce qui n'était plus arrivé depuis la dernière manifestation Anem Òc de 2015 à Montpellier. Ils entendent le faire « à leur façon de jeunes », en lien avec des questions sociétales comme l'écologie ou le féminisme.
Un succès pour le mouvement d'oc
Cette deuxième édition a été « une grande réussite », selon le chroniqueur, et Carrièras Occitanas devient désormais « une composante importante du mouvement d'oc ». L'organisation a été jugée « parfaite », et la revendication occitane dispose à nouveau d'un « point de convergence et d'un organisme menant l'action ». Joan Lois Blenet estime que ce succès annonce déjà une forte demande pour l'Acte III.
Le chroniqueur souligne que le seigneur de Montségur, comme les consuls de Béziers ou le vicomte Trencavel, étaient de « bons catholiques » qui ont tout perdu en défendant des personnes d'autres religions, un exemple de défense de la liberté de conscience plus de sept siècles avant la Révolution. Il dénonce également le révisionnisme des institutions qui effacent cette réalité.
Des ateliers à Laroque d'Olmes
Le reste du week-end s'est déroulé à Laroque d'Olmes, à 20 km de Montségur, en raison des empêchements institutionnels. Du vendredi au dimanche, tard dans la nuit, des ateliers, conférences, concerts, chants et danses ont été organisés dans un bain d'immersion linguistique pour « penser l'avenir en occitan ». Le chroniqueur déplore que la France soit « le seul pays d'Europe » à mener une politique d'éradication linguistique aussi acharnée, et critique la célébration de l'édit de Villers-Cotterêts.