Trump exempte la Russie du Graham Act, Zelensky se dit trahi
Trump exempte la Russie du Graham Act, Zelensky trahi

Le président américain Donald Trump a décidé vendredi 16 octobre d'exempter la Russie des nouvelles sanctions majeures prévues par le Graham Act, une loi récemment adoptée par le Congrès. Cette décision, justifiée par « l'intérêt national des États-Unis », constitue un nouveau camouflet pour l'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky n'a pas caché se sentir « trahi » et s'est tourné vers ses alliés européens pour obtenir une aide financière supplémentaire.

Une exemption présidentielle aux conséquences lourdes

Le décret publié par la Maison Blanche stipule : « J'exempte l'application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act ». Ce texte, promulgué mi-septembre, visait en particulier le secteur énergétique russe, la flotte fantôme de Moscou, ainsi que le président Vladimir Poutine et d'autres hauts responsables russes. Il donnait également à Donald Trump le pouvoir d'imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu'à 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, parmi lesquels la Chine et l'Inde.

La loi porte le nom de son principal promoteur, le sénateur républicain Lindsey Graham, décédé en juillet, qui était un farouche défenseur de l'Ukraine. Volodymyr Zelensky avait salué lors de sa promulgation « un outil extrêmement puissant capable de mettre un terme à cette guerre terroriste et de pousser la Russie à faire la paix ».

Des tensions croissantes entre Washington et Kiev

Les relations déjà difficiles entre les présidents américain et ukrainien sont entrées dans une nouvelle crise. Donald Trump a annoncé début octobre avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine pour lever des sanctions et permettre aux États-Unis d'importer de grandes quantités de diesel russe. Kiev a déploré ne pas avoir été averti par ses alliés d'attaques russes imminentes, notamment en ce qui concerne des restrictions dans l'utilisation des services satellitaires de SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk.

L'Ukraine dépend du renseignement militaire occidental, et notamment américain, pour anticiper et contrer les attaques russes, un soutien d'autant plus crucial que son armée fait face à des pénuries de missiles intercepteurs.

Zelensky réclame 70 milliards d'euros à l'Europe

Réunis vendredi à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont assuré Volodymyr Zelensky de leur soutien, sans ignorer qu'ils devraient remettre la main au portefeuille l'an prochain, un sujet politiquement sensible dans plusieurs pays européens, dont la France. « La guerre coûtera 155 milliards d'euros l'année prochaine. Et nous avons besoin d'au moins 70 milliards d'euros de plus de votre part », a affirmé Volodymyr Zelensky.

Le président français Emmanuel Macron a tempéré : « L'Ukraine a fait sa demande, c'est trop tôt pour articuler un chiffre », tout en martelant que les Européens « ne lâcheront pas » Kiev.

Après quatre ans et demi d'invasion à grande échelle, l'Ukraine fait face à une intensification des bombardements russes, qui ont fait encore au moins un mort dans la nuit de vendredi à samedi à Kherson (sud), et redoute un hiver difficile. En réponse, son armée a multiplié les frappes de longue portée, les autorités russes faisant état de dizaines de drones abattus alors qu'ils se dirigeaient vers Moscou.

Trump critique les frappes ukrainiennes en Russie

Donald Trump, confronté au mécontentement des Américains sur les prix de l'énergie à l'approche des élections de mi-mandat, ne cache pas sa colère contre les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, qui ont repris après plusieurs jours de pause. Évitant toute critique directe, Volodymyr Zelensky a souligné à Bruxelles que son équipe était « en pourparlers » avec les négociateurs américains, évoquant une possible rencontre dans les prochains jours.