Sally Rooney retirée de la vente au Royaume-Uni après l'interdiction de Palestine Action
Sally Rooney retirée de la vente au Royaume-Uni

Les livres de l'écrivaine irlandaise Sally Rooney, notamment son best-seller Normal People, ne peuvent plus être légalement vendus au Royaume-Uni. Cette décision, annoncée mercredi par l'autrice et son éditeur Faber, fait suite à l'interdiction du groupe Palestine Action, classé comme organisation « terroriste » par le gouvernement britannique en juillet 2025.

Une décision conjointe de l'autrice et de son éditeur

Dans un communiqué publié sur son site Internet, Faber a expliqué que la législation britannique actuelle l'empêche de reverser à Sally Rooney les revenus générés par son travail au Royaume-Uni. « Par conséquent, et en plein accord avec Sally, nous avons décidé de ne plus distribuer ses ouvrages au Royaume-Uni, quel que soit le format », a déclaré l'éditeur.

Cette décision intervient après que Sally Rooney a exprimé son soutien à Palestine Action dans une tribune publiée en août 2025 dans The Irish Times. L'autrice a précisé, dans une déclaration transmise par son agent, que « l'exécution des contrats de publication de mes œuvres au Royaume-Uni pourrait désormais constituer une infraction pénale grave ». Elle a ajouté : « Après un processus de consultation et de réflexion, et avec mon plein accord, mon éditeur Faber a donc décidé qu'il ne pouvait plus distribuer mes ouvrages au Royaume-Uni. »

Des droits reversés à une organisation propalestinienne

Dans sa tribune d'août 2025, Sally Rooney avait annoncé qu'elle reverserait certains de ses droits d'auteur, notamment ceux des adaptations télévisées de ses romans, à l'organisation propalestinienne. Outre les revenus de ses livres, l'écrivaine perçoit des royalties de la BBC, qui a coproduit et diffusé les adaptations de Normal People (2020) et de Conversations entre amis (2022).

Depuis l'interdiction de Palestine Action, tout soutien au mouvement est prohibé au Royaume-Uni. Plus de 3 700 personnes ont été interpellées lors de manifestations de soutien au groupe, selon l'organisation Defend Our Juries, qui les organise.

Un bras de fer judiciaire en cours

La cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, conteste l'interdiction devant les tribunaux. Une audience est prévue début novembre devant la Cour suprême britannique pour examiner sa demande d'annulation de la mesure.