Javier Bardem à l'origine de la tension sexuelle avec Bond dans Skyfall
Bardem a proposé la tension sexuelle avec Bond dans Skyfall

Lors d'un Screen Talk au BFI London Film Festival, Javier Bardem a révélé avoir proposé au réalisateur Sam Mendes d'accentuer le désir sexuel éprouvé par son personnage Raoul Silva pour James Bond dans Skyfall. Cette suggestion, validée par le cinéaste et le studio, a abouti à l'une des scènes les plus marquantes du film de 2012, quand le vilain caresse l'espion de Sa Majesté alors qu'il est attaché à une chaise.

Une proposition audacieuse validée par le studio

« Sam Mendes était très ouvert à ce que je proposais autour de la sexualité du personnage. Je lui ai dit : "Tous les méchants ont déjà tout fait pour détruire le monde, mais pourquoi ne pas rendre cela personnel ? Et si, en plus de détruire le monde, il voulait coucher avec Bond ?" », a raconté l'acteur lors de l'événement couvert par Variety. Le réalisateur lui avait alors répondu qu'il devait consulter le studio, qui s'était finalement montré « très courageux » en validant l'idée.

Javier Bardem estime que cette tension a marqué les spectateurs parce qu'elle plaçait 007 dans une situation sans précédent, tout en lui permettant une réplique mémorable. Face aux avances du vilain, l'agent secret, dont l'hétérosexualité a toujours été mise en avant, répond : « Qu'est-ce qui vous fait croire que c'est ma première fois ? »

Une paternité à nuancer

Il faut toutefois souligner que l'idée de Javier Bardem n'est pas sortie de nulle part. En effet, dès 2012, le scénariste John Logan avait expliqué que Sam Mendes et lui avaient réfléchi à la façon d'insuffler une forme de tension sexuelle entre le James Bond de Daniel Craig et le Raoul Silva de Javier Bardem.

« Il y a eu tellement de scènes où Bond se bat d'homme à homme avec le méchant, que ce soit Dr No ou Goldfinger ou autre, et autant de façons de jouer au chat et à la souris et d'intimider Bond », avait déclaré John Logan au Hollywood Reporter à l'époque. « Alors nous avons pensé que ce qui mettrait vraiment le public mal à l'aise, c'est l'intimidation sexuelle ; jouer la carte de l'homoérotisme qui est en quelque sorte toujours là, suggérée dans le sous-texte. »

Cette révélation de Javier Bardem, qui a contribué à l'une des scènes les plus discutées de la saga, rappelle que les choix créatifs des acteurs peuvent profondément influencer l'œuvre finale. Le studio a accepté de prendre ce risque, et le résultat a marqué les spectateurs, comme en témoigne la réplique culte de Bond.