Starshield : le réseau militaire de SpaceX indispensable à l'Ukraine
Starshield : le réseau militaire de SpaceX indispensable à l'Ukraine

Dans la nuit du 14 au 15 octobre, l'armée ukrainienne a subi plusieurs attaques russes en raison d'un ralentissement du débit de Starshield, le réseau satellitaire militaire de SpaceX. Ce système américain, indispensable au pilotage des drones et à la transmission de données cryptées, n'a aujourd'hui aucune alternative européenne équivalente, selon le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense nationale et consultant défense de BFMTV.

Qu'est-ce que le réseau Starshield ?

Starshield est la version militaire de Starlink, le fournisseur d'accès à Internet par satellite de la société SpaceX. Le général Pellistrandi explique : « Starshield, c'est en quelque sorte la partie militaire de Starlink. La version civile de Starlink est un ensemble complet : fusées, satellites et stations au sol. Starshield fournit les mêmes services, mais avec des liaisons encore plus sécurisées et plus cryptées que la version civile de Starlink. »

Ce système est piloté directement par les États-Unis, un mélange entre le Pentagone et l'entreprise Starlink d'Elon Musk. Il s'agit donc d'une capacité militaire extrêmement importante, qui joue un rôle clé dans le conflit ukrainien.

Quel usage sur le front ?

Dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie, Starshield permet premièrement de communiquer : transmission de données, de renseignement, d'informations ou encore d'images satellitaires. Le général Pellistrandi précise : « Il permet aussi de communiquer avec les drones et de les piloter. Pour frapper des sites qui sont sur le territoire russe, il faut passer par une liaison, et cette liaison passe par le système satellitaire Starlink. »

Si le débit est réduit, les forces armées ne sont plus en capacité de frapper ou d'envoyer des drones intercepteurs chargés de stopper les frappes ennemies. C'est concrètement ce qui s'est passé dans la nuit du 14 au 15 octobre. « En diminuant les performances du réseau, en coupant le robinet, vous paralysez les systèmes ukrainiens », résume le consultant.

Quelle alternative européenne ?

Le général Pellistrandi pointe une faille : « aujourd'hui, il n'y a pas d'alternative suffisamment performante pour se substituer à Starshield ». Les systèmes européens ne sont « pas au même niveau quantitatif et qualitatif », nuance-t-il.

En marge du sommet des 27, Emmanuel Macron s'est exprimé depuis Bruxelles vendredi. « Nous ne lâcherons pas l'Ukraine et les Ukrainiens, parce que c'est une guerre de résistance face à la guerre d'agression russe », a assuré le chef de l'État, répondant aux propos de Marine Le Pen. Le président a également souligné que l'aide européenne pourrait se traduire par « un renforcement de sa capacité sur les images satellitaires et les dispositifs d'alerte avancée qui sont ô combien nécessaires ».

Le consultant insiste sur la dimension technologique : « Il faut bien comprendre qu'on est aussi dans une guerre de haute technologie, où l'innovation est extrêmement importante, et que ça va effectivement très vite. » Cette dépendance à Starshield soulève des questions sur la souveraineté européenne en matière de défense spatiale.