Béziers : hommage aux Algériens du 17 octobre 1961
Béziers : hommage aux Algériens du 17 octobre 1961

Ce samedi 17 octobre 2026, l'association biterroise France-Algérie et les sections PCF du Biterrois se sont réunies sur le Pont-Vieux à Béziers pour commémorer le massacre des Algériens survenu le 17 octobre 1961 à Paris. Des fleurs ont été jetées dans l'Orb en mémoire des victimes, marquant les 65 ans de cet événement tragique.

Une commémoration sur le Pont-Vieux

Les membres et militants des deux organisations se sont retrouvés en ce samedi matin pour rendre hommage aux Algériens tués lors de la répression policière de 1961. L'initiative, portée par l'association France-Algérie et les sections locales du Parti communiste français, s'est déroulée dans un cadre sobre et recueilli, au cœur de la ville héraultaise.

Le geste symbolique des fleurs jetées dans l'Orb depuis le Pont-Vieux a permis de matérialiser le souvenir de ce drame historique. Les participants ont ainsi voulu rappeler l'importance de la mémoire collective face à un épisode longtemps occulté de l'histoire de France.

Le contexte du 17 octobre 1961

Le 17 octobre 1961, des milliers d'Algériens se rassemblent dans les rues de Paris à l'appel de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN). En pleine guerre d'Algérie, ils entendent dénoncer le couvre-feu discriminatoire instauré par le préfet de Police, Maurice Papon, qui vise spécifiquement les Français musulmans d'Algérie, alors désignés comme « Nord-Africains ».

La répression policière sera terrible : de nombreux manifestants sont frappés, arrêtés ou tués. Certains sont jetés dans la Seine. Ce bilan humain, longtemps minimisé, est aujourd'hui reconnu comme l'un des épisodes les plus sombres de la guerre d'Algérie sur le sol métropolitain.

Un passé qui résonne avec l'actualité

Soixante-cinq ans plus tard, les organisateurs biterrois n'ont pas oublié. Ils ont tenu à « dénoncer le colonialisme et la guerre que la France menait alors en Algérie », selon leurs termes. Pour eux, ce passé « a une résonance actuelle avec la situation au Proche-Orient », établissant un parallèle entre les violences historiques et les conflits contemporains.

Cette commémoration locale s'inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance mémorielle, alors que la France a officiellement reconnu en 2012 la répression meurtrière de cette journée. À Béziers, le geste des fleurs dans l'Orb a permis de maintenir vivante la mémoire de ce drame, tout en rappelant l'engagement des associations et des partis politiques pour la justice et la paix.