Des centaines de casseurs habillés de noir ont méthodiquement vandalisé puis pillé de nombreux magasins de l'avenue Jean-Médecin à Nice, ce samedi 17 octobre en début de soirée, laissant l'artère principale de la ville méconnaissable. Selon le premier bilan de la préfecture, 15 commerces ont été pillés, plus de 60 personnes interpellées et une dizaine de blessés sont à déplorer.
Un pillage méthodique des enseignes de l'avenue
Devant la boutique Foot Locker, qui s'était barricadée depuis la veille au soir avec de grands panneaux de bois, la vitrine est à terre. « Vous avez pris la bonne pointure », lance l'un des casseurs à ses comparses. Des dizaines d'individus, le visage souvent dissimulé, entrent dans le magasin et prennent tout ce qu'ils trouvent, ressortant les mains pleines de boîtes de chaussures. Certaines sont jetées au sol, vides, d'autres tombent des bras trop chargés des pilleurs.
À quelques mètres de là, une horde de jeunes gens s'attaquent au Crédit Mutuel. Le distributeur automatique de billets est arraché et projeté sur le trottoir. Ils se jettent à pieds joints sur l'appareil pour en faire sortir les billets, pendant que la foule crie « Encore, encore ! ».
Magasins de téléphonie et enseignes sportives dévastés
Le magasin de téléphonie Phone Case subit ensuite les affres de la foule, qui prend d'assaut les vitrines. Elles cèdent, et les casseurs entrent dans le magasin pour prendre tout ou presque. Un peu plus loin, deux boutiques de téléphonie (Free et Bouygues) ont été vandalisées et pillées : téléphones portables, tablettes. Il ne reste rien, seul le bruit des alarmes résonne encore et encore.
En face, les vitres des Abribus du tramway sont détruites, un incendie est toujours actif sur les rails du tramway. Du mobilier urbain est pulvérisé. Un homme grimpe au sommet d'un mât de caméra, la détache et elle se fracasse au sol. Un peu plus haut sur l'avenue, il ne reste pas grand-chose de Décathlon et de JD Sports. Les deux enseignes ont subi le même modus operandi : le verre des vitrines jonche le sol et les rayons sont renversés.
Une intervention policière tardive et limitée
Ces scènes d'émeutes se déroulent sans intervention de la police, qui n'est pas présente sur les lieux à ce moment-là. Il aura fallu attendre plus de 30 minutes de pillage pour que les forces de l'ordre arrivent enfin, mais pas en nombre. Seuls quatre fourgons de police débouchent, gyrophares allumés et sirènes hurlantes, sur les voies du tramway au niveau de l'entrée nord de Nicetoile. Les policiers sortent en courant et se dirigent vers Foot Locker pour tenter de rattraper des individus qui se sont volatilisés depuis longtemps. Ils tentent de mettre en place un périmètre de sécurité bien dérisoire, pendant que des casseurs se moquent bruyamment de leur déploiement.
Des casseurs qui tiennent encore l'avenue Jean-Médecin, où des scènes de dégradation se poursuivent sur le mobilier urbain. Au milieu de ce chaos, des Niçois et des touristes cherchent leur chemin, le regard hagard, perdus sur une avenue sens dessus dessous que les habitués peinent à reconnaître.