Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné, lundi 12 octobre, un chauffeur routier bosniaque à 30 mois de prison ferme et 510 000 € d’amende douanière. Cette somme correspond à la valeur marchande des 255 kg de résine de cannabis qu’il transportait dans son camion, intercepté par les douanes sur l’aire de Fabrègues, aux portes de Montpellier.
Un contrôle douanier dans la nuit du 7 au 8 octobre
Le convoi, en provenance de Barcelone et à destination de l’Autriche et de l’Allemagne, a été contrôlé dans la nuit de mercredi à jeudi 8 octobre. La drogue était dissimulée dans une cache aménagée dans le poids lourd et répartie en une vingtaine de sacs. L’enquête a révélé des incohérences dans l’itinéraire du routier, preuve selon la procureure qu’il était « en attente de directives du réseau » pour lequel il effectuait ce transport.
Ce père de famille de 41 ans, au casier judiciaire vierge, a été jugé en comparution immédiate. La représentante du ministère public a estimé que le prévenu avait bien connaissance de la nature du chargement, compte tenu de son importante valeur. Elle a requis 5 ans d’emprisonnement, tout en notant que le casier vierge était « à mettre à son crédit, ou à celui de la chance ».
Une peine réduite, une amende maintenue
L’avocate du routier, Me Céline Thil, a jugé cette demande « indécente », plaidant : « 41 ans, c’est un peu vieux pour commencer une carrière de trafiquant ». Le tribunal a revu la peine de prison à la baisse, mais a suivi les réquisitions concernant le montant de l’amende douanière et l’interdiction du territoire français pour une durée de cinq ans, infligée au ressortissant bosniaque.
Cette affaire illustre le rôle des contrôles douaniers sur l’autoroute A9, un axe majeur pour le trafic de stupéfiants entre l’Espagne et le reste de l’Europe. La peine prononcée vise à dissuader les transporteurs de participer à ces réseaux, tout en maintenant une sanction financière lourde, proportionnelle à la valeur de la marchandise saisie.