Décès de Justine Decourselle : vive émotion après l'annonce
Décès de Justine Decourselle : vive émotion

L'annonce du décès de Justine Decourselle, la jeune infirmière de 26 ans qui avait parcouru 1 500 km à pied au printemps dernier pour relier Drancy à Auschwitz sur les traces du convoi 71, a provoqué une vive émotion parmi toutes les personnes qui avaient accompagné son périple. Beaucoup saluent la mémoire d'une « si belle personne » et promettent de poursuivre son combat.

Un exploit sportif et mémoriel salué par les élus locaux

Perla Danan, représentante du Crif (conseil représentatif des institutions juives de France), a exprimé son chagrin : « On avait plein de projets avec elle pour continuer cette magnifique œuvre de mémoire qu'elle avait engagée ! On perd une si belle personne ! » Jean-Pierre Rico, maire de Pérols, a également témoigné : « On a passé une soirée extraordinaire. On est effondré de ce qui arrive, je ne trouve pas les mots. »

Pierre-Martin Chazot, maire de Mauguio-Carnon, a rappelé que la commune avait soutenu la sportive : « Nous l'avions accompagnée pour son faux départ à Carnon, puisqu'elle s'y entraînait en club et que nous soutenions sa Course contre l'oubli. Le 19 juillet elle était à nos côtés (pour la cérémonie commémorative de la rafle du Vél d'Hiv, NDLR) et nous lui avions remis le denier melgorien, la médaille de la ville. Elle nous a semblé ce soir-là toujours aussi pétillante et motivée pour poursuivre. Nous sommes très tristes et nous ne voulons pas oublier son combat. »

Le village d'Étrépilly et la Fondation pour la mémoire de la déportation rendent hommage

Le petit village d'Étrépilly, dans l'Aisne, dont tout le conseil municipal avait accueilli Justine Decourselle lors de son passage, a été l'un des premiers à témoigner de son chagrin sur les réseaux sociaux : « Elle est partie vers les étoiles… C'est sans doute là qu'elle aurait aimé poursuivre son chemin. Merci, Justine, pour ton courage, ton engagement et ce combat pour la mémoire. Ton passage restera gravé dans nos cœurs et dans nos mémoires. »

La Fondation pour la mémoire de la déportation a exprimé dès hier matin son émotion : « Puisse la mémoire de Justine et son engagement, alors qu'elle n'avait aucun lien filial avec la Déportation, sauf d'avoir rencontré d'ancien(ne)s déporté(e)s en tant qu'infirmière à l'Ehpad où elle travaillait, demeurer vivante. »

Un témoignage poignant sur la maladie et le dépassement de soi

Le 22 août dernier, Justine Decourselle publiait sur Instagram un message sur les moments difficiles de sa vie. Elle y évoquait son trouble neurologique fonctionnel : « Il y a aussi les passages à l'hôpital, les moments où le corps lâche, ceux où l'on se sent vulnérable et où il faut parfois accepter de s'arrêter quelques jours pour mieux repartir. Je vis avec un trouble neurologique fonctionnel, qui provoque notamment chez moi des crises que je ne contrôle pas. »

Elle ajoutait : « Pendant longtemps, j'ai eu honte de cette partie de moi. Perdre le contrôle de son corps, se montrer vulnérable quand on voudrait toujours paraître forte, ce n'est pas facile. On m'a parfois dit : avec ta maladie, tu n'y arriveras pas. Et pourtant, j'ai parcouru 1 621 km en 33 jours pour rendre hommage aux déportés, porter leur mémoire et aller au bout d'un projet qui comptait profondément pour moi. »

Rattrapée par sa souffrance, Justine a choisi de partir. Dans son immense peine, son compagnon promet qu'il prendra le relais, à vélo, pour la deuxième Course contre l'oubli. Le vendredi 2 octobre dernier, Justine invitait au vernissage d'une exposition de photos et de documents, et annonçait qu'elle recommencerait cet exploit, avec cette fois son compagnon Jérémy en vélo et l'invitation au plus grand nombre à les accompagner.