Près de 400 personnes, selon les organisateurs, ont répondu à l’appel intersyndical pour manifester leur colère ce samedi 17 octobre à Brignoles. Pendant deux heures, le cortège a brandi leurs pancartes et clamé leurs slogans pour plus de justice sociale et environnementale.
Une mobilisation intersyndicale et intergénérationnelle
Le cortège est parti du rond-point de l’Europe en passant par la place Carami jusque sous les fenêtres de la sous-préfecture. Des pancartes et des poings levés, un accordéon et des percussions : « À Brignoles, on chante notre colère » et ils sont venus en masse donner de la voix, scander leurs slogans pour plus de justice sociale, « pour un partage des richesses », pour soutenir les lycéens et participer à un mouvement national que tous espèrent être « un mouvement naissant ».
« On ne s’attendait pas à être aussi nombreux », se réjouit Michel Debruyne, militant syndical union locale de la CGT à Brignoles. La manifestation de ce samedi 17 octobre a été organisée un peu dans la précipitation, mais les militants CGT et FSU voulaient un événement dans les clous, déclaré, en bonne et due forme. Ils ont donc lancé l’appel en milieu de semaine. Cet appel a été entendu. « Il était même attendu. Nous sommes près de 400 ! »
Des revendications sociales et environnementales
Cette manifestation du 17 octobre était intersyndicale (CGT, FSU, Solidaire, la Confédération paysanne, les parents d’élèves FCPE et UPI), « la seule du Var », interprofessionnelle et intergénérationnelle. Des lycéens ont rejoint le mouvement, un mouvement dont ils ont donné l’impulsion il y a quelques semaines. « Il y a une cohérence entre les lycéens et le monde du travail, c’est bien sûr la question de l’emploi dans l’Éducation nationale qui se pose, reprend Michel Debruyne. Derrière les revendications des professionnels et des jeunes, se pose aussi la question du budget dans son contenu comme de son orientation. »
La CGT a rappelé les grandes lignes des revendications communes : l’augmentation des salaires, des pensions de retraite et des minima sociaux, la baisse des prix des produits de première nécessité, la répartition des richesses, le soutien à une agriculture paysanne et des moyens pour garantir les services publics. « Nous soutenons la jeunesse sans la moindre réserve. Les lycéens ne demandent pas moins d’heures de cours comme on peut l’entendre, lance Corinne Perrier, porte-parole et déléguée CGT educ’action et enseignante. Ils veulent étudier dans de bonnes conditions. »
Des témoignages poignants dans le cortège
Dans le cortège, Amandine et Benjamin, étudiants, tenaient à être présents. « Au lycée Janetti quand il pleut dehors, il pleut aussi dans les salles de classe. On est révoltés car la vie est de plus en plus précaire. Avec le gel des bourses et des APL, je vis avec 400 euros par mois. Je suis ici pour avoir un avenir. » « On a de moins en moins de moyens, et ils nous enlèvent encore des profs », renchérit Amandine, future professeure des écoles, espère-t-elle. « Mais, ils ne nous encouragent pas à faire ce métier qui est pourtant important. »
Leur tracteur qui fermait la marche n’est pas passé inaperçu, pas plus que leurs drapeaux jaune et noir dans la foule. La Confédération paysanne « a tenu à soutenir le mouvement social car réprimer la jeunesse ce n’est pas possible. Le monde paysan va mal aussi. Sécheresse, incendie, conditions climatiques, on ne peut pas continuer à travailler comme ça. Les lycéens l’ont bien compris, l’été 2026 sera l’été le plus froid qu’on vivra. Il faut que ça change pour offrir à nos lycéens un avenir dégagé. Ce n’est pas ce qu’on nous promet ni pour le climat, ni pour le partage des richesses », clame Vincent Arcusa alors que les manifestants reprenaient « plus de justice sociale, plus de justice environnementale ! »
Un mouvement qui compte bien continuer
Ils ont battu le pavé pendant deux heures, sans le moindre début d’incident, et ont relevé leur pari. « C’est réussi, souligne Corinne Perrier. La rue, c’est aussi un moyen de faire entendre notre voix. Il faut résister. » En témoigne aussi le rouge du drapeau PCF : « Les mesures austéritaires font le lit de l’extrême droite », glisse Sylvie Vinceneux, secrétaire départementale du parti. « On va contacter l’ensemble des parties prenantes et réfléchir à l’organisation d’une nouvelle action le 5 novembre. Il s’agit d’un préavis de grève générale nationale intersyndicale », conclut Michel Debruyne.