Samedi 17 octobre, Céline Dion a mis un point final à sa série de concerts à la Plenitude Arena de Nanterre, près de Paris, devant plus de 30 000 personnes. La chanteuse canadienne, âgée de 58 ans, a bouclé seize représentations données depuis le 12 septembre, marquant son retour sur la scène mondiale. Elle a annoncé de nouvelles dates en France en mai 2027, ainsi qu'un album studio prévu pour le printemps prochain.
Une dernière soirée empreinte d'émotion
« Je m'ennuie déjà de vous ! Ce soir c'est la dernière. C'est fou... parce que j'ai quand même l'impression que la première c'était hier, ça passe tellement vite, ça passe trop vite », a déclaré la diva québécoise, arborant un large sourire. Elle est apparue vers 20h50 dans une robe haute couture scintillante signée Chanel, le poing fermé en signe de victoire, avant d'entamer les premières notes de « On ne change pas ».
La ferveur a parcouru la Plenitude Arena, plus grande salle couverte d'Europe, et traversé un public majoritairement féminin, de différentes générations. La star francophone a déjà programmé un nouveau séjour en France en mai, pour dix concerts supplémentaires qui affichent complet, malgré des tarifs pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros.
Un retour triomphal après six ans d'absence
Avant ces nouvelles dates, l'artiste va regagner le Nevada, aux États-Unis, pour finaliser son prochain album, dont la sortie chez Sony est attendue au printemps prochain. Il devrait contenir de nombreuses collaborations, avec Stromae, Grand Corps Malade ou Mosimann. Au total, la star aura donné 16 concerts grandioses depuis le 12 septembre, qui ont attiré une foule de célébrités (Rihanna, Michelle Obama, Zinédine Zidane, Lewis Hamilton...).
La gagnante de l'Eurovision (1988) est dans son jardin à Paris, là où sa carrière a décollé avec les titres du parolier Eddy Marnay, la télé de Michel Drucker, les premiers concerts à l'Olympia, puis la rencontre-clé avec Jean-Jacques Goldman. Rodée aux concerts sous forme de résidences à Las Vegas, Céline Dion n'a laissé place à presque aucune improvisation à Paris, modifiant peu sa setlist et ses discours.
Une performance maîtrisée malgré la fragilité
Entourée de musiciens et d'un chœur, la star assure une performance d'environ 2H30, rythmée par une trentaine de chansons piochées dans la période Goldman des années 1990-2000 et dans son répertoire en anglais, dont « My heart will go on ». Elle s'offre aussi quelques pas de côté, reprenant « Sweet Dreams » d'Eurythmics et un air d'opéra rendu célèbre par la Callas.
Lors de la première le 12 septembre, l'émotion l'a submergée dès l'entame et l'a obligée à interrompre « On ne change pas ». Six années loin de la scène viennent d'être effacées par quelques notes. Plutôt rigide au début, l'interprète de « Prière païenne » a gagné en aisance au fil des trois concerts donnés chaque semaine et pris possession de cette immense scène sombre où trône un imposant rocher rotatif.
Les spectateurs interrogés par l'AFP ont confié leur émotion d'avoir revu la chanteuse aux plus de 260 millions d'albums vendus, que beaucoup comparent à un phénix. « Je vais bien », leur a répété Céline Dion, deux ans après sa réapparition à la cérémonie des JO de Paris. « J'ai appris à vivre avec cette fragilité », a expliqué la star, qui a dévoilé en 2022 être atteinte du syndrome de la personne raide, maladie neurologique rarissime causant de violentes paralysies. « Je l'ai apprivoisée et j'ai décidé d'en faire la force de vivre. »
L'autre interrogation portait sur sa voix : moins virevoltante qu'à ses débuts, celle-ci a tenu, malgré quelques écarts sur certains morceaux. Mais, comme pour ses oublis dans les paroles, les fans semblent tout pardonner à leur idole aux quatre décennies de carrière. Admirateurs ou détracteurs, difficile d'échapper à ce retour, qui a occupé l'espace artistique et médiatique, sans que la chanteuse ne donne d'interview officielle.