Quelque 800.000 personnes ont participé samedi aux actions et défilés organisés partout en France contre la « vie chère », selon un bilan actualisé diffusé par plusieurs organisations associées à cette mobilisation nationale. Le ministère de l'Intérieur, par la voix du ministre Laurent Nuñez, a de son côté fait état d'environ 550.000 manifestants, dont 110.000 à Paris, et d'environ 400 personnes interpellées.
Une mobilisation nationale aux chiffres contrastés
La CGT avait diffusé une première estimation de 500.000 participants à 17H00, mais a annoncé en soirée s'aligner désormais sur le chiffre de 800.000 participants retenu par les organisations de jeunesse, dont l'Union étudiante, et un site de gilets jaunes. Cette révision s'appuie sur « les remontées de plusieurs grandes villes, notamment Montpellier, Strasbourg, Lille, Bordeaux, Nantes et Marseille ».
De son côté, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a évoqué environ 550.000 manifestants en France, dont 110.000 à Paris, et environ 400 personnes interpellées, « en majorité des majeurs ». Il a pointé la responsabilité de « casseurs » issus de « l'ultragauche » dans les actions violentes. Une source policière avait indiqué à l'AFP que les autorités estimaient que près de 200.000 personnes pourraient participer, avec 40.000 à Paris.
La CGT dénonce la répression et appelle à poursuivre
La CGT a dénoncé dans un communiqué « la répression visant à empêcher la population de participer aux manifestations », estimant que « c'est le gouvernement qui porte la responsabilité politique de la montée des violences observée aujourd'hui » par « son refus obstiné de répondre aux revendications portées massivement de manière pacifique ». Le syndicat appelle « à poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes, à mettre partout en débat sur les lieux de travail les conditions de la construction du rapport de force pour gagner sur les revendications » et « à préparer les prochaines étapes de mobilisation ces prochains jours, dont la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle du 5 novembre ».
Dans un communiqué distinct, certains des organisateurs ont annoncé souhaiter « élargir le cadre de mobilisation de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre, et d'en faire un point d'appui d'un mouvement social unitaire capable de contraindre le gouvernement ». « Nous ne lâcherons rien tant que la justice sociale et climatique ne sera pas là : des salaires, des services publics et une vie digne pour toutes et tous », écrivent David Libeskind, un gilet jaune, Benjamin Ball, éditeur du site sur le 17 octobre, et Kim Vo Dinh, au nom du « mouvement du 26 septembre » pour le climat.
Solidaires appelle à une grande journée de grève le 5 novembre
L'union syndicale Solidaires a appelé « l'ensemble des travailleurs et travailleuses, en activité, en recherche d'emploi, en formation ou en retraite, à préparer le 5 novembre pour en faire une grande journée de grève interprofessionnelle et de manifestations, et faire plier le gouvernement, le patronat, pour le partage des richesses ». Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte de protestations étudiantes qui durent depuis plusieurs semaines, et survient alors que la France se prépare à une période potentiellement tendue de six mois avant l'élection présidentielle.