Kanaks : six militants portent plainte contre quatre ministres
Kanaks : plainte contre quatre ministres de l'ère Attal

Six leaders kanaks, dont Christian Tein, président du FLNKS, ont déposé quatre plaintes devant la Cour de justice de la République contre Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Éric Dupond-Moretti. Ils leur reprochent des « actes arbitraires attentatoires à la liberté individuelle, abus d'autorité aggravé et association de malfaiteurs » dans le cadre des procédures judiciaires ouvertes après les émeutes de mai 2024 en Nouvelle-Calédonie. Ces procédures, conclues par un non-lieu après des mois de détention provisoire, auraient été décidées par l'exécutif, selon les avocats des plaignants.

Des plaintes fondées sur des éléments logistiques et des propos rapportés

Les plaintes, déposées ces derniers jours et consultées par Midi Libre, s'appuient sur la logistique mise en place pour transférer les six militants en métropole par des vols militaires, avant même leurs interpellations le 19 juin 2024. Elles citent également des propos rapportés par des journalistes.

Un documentaire de France 5, intitulé « Tempête : 100 jours dans les tourments du ministère de l'Intérieur », diffusé le 6 juillet 2024, montre Gérald Darmanin, filmé le 16 mai, déclarant : « Deux cents interpellations et pas un mandat de dépôt, c'est quand même un problème ». Gabriel Attal y ajoute : « S'il pouvait y avoir quelques exemples, ce serait bien ».

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Le rôle du garde des Sceaux et du conseiller spécial d'Emmanuel Macron

Le ministre de la justice, Éric Dupond-Moretti, déplore dans le même documentaire n'avoir pas réussi à joindre le procureur de la République de Nouméa : « Quand le procureur se barre à Fidji (sic) il ne dit pas Monsieur le ministre, je vais à Fidji. Pour ne rien vous cacher on a tenté de le joindre, il n'y avait pas de liaison téléphonique ». Il ajoute : « Je n'ai pas d'interlocuteur, bordel de merde », rapportent les avocats dans leur plainte.

Les plaintes mentionnent également une déclaration de François de Kerever, conseiller spécial d'Emmanuel Macron pour l'Outre-Mer, faite le 23 mai à un journaliste du Monde, Patric Roger, dans l'avion ramenant le Président en métropole. Selon le livre « L'archipel de la discorde » (éditions du Cerf, 2025), il aurait dit : « Si ça continue, on prendra les principaux activistes et on les incarcérera en métropole, ça va calmer le jeu ».

La Cour de justice de la République devra se prononcer

La Cour de justice de la République, compétente pour juger d'éventuelles infractions pénales commises par des ministres dans l'exercice de leurs fonctions, doit se prononcer sur la recevabilité de ces plaintes via une commission de filtrage composée de magistrats, avant toute suite judiciaire. Les émeutes de mai 2024 en Nouvelle-Calédonie ont fait treize morts, dont deux gendarmes.

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