Le trafic du train des Pignes, entre Nice et Digne, a été de nouveau paralysé ce vendredi 11 septembre 2026 par une grève des cheminots des Chemins de fer de Provence (CFP). C'est la deuxième journée de mobilisation après celle du vendredi 4 septembre. La direction et les syndicats doivent se retrouver mardi 15 septembre pour une nouvelle réunion de négociation. Aucune autre grève n'est annoncée avant cette échéance.
Un service minimum assuré par des bus de substitution
Devant les grilles fermées de la gare de Nice, derrière la gare du Sud, des usagers attendaient les bus de substitution. Rose, qui prend le train tous les jours pour se rendre à Nice-Ouest, espérait que le bus serait à l'heure. « C'est chiant, j'espère que le bus sera à l'heure », a-t-elle déclaré. Elle dit comprendre les grévistes : « La vie est de plus en plus chère, donc c'est normal, tout le monde veut être mieux payé. »
Sylviane et Véronique, à la retraite, prennent le train « de temps en temps ». Elles ont appris la grève à la radio et attendaient le bus de substitution de 12 h 20. « Ils exercent leur droit, du moment qu'ils ont mis des bus de substitution, ça me convient », ont-elles commenté.
La CGT dénonce des salaires en décalage avec le coût de la vie
Les cheminots ont déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire « Les Chemins de fer de Pauvrence ». Thomas Hernandez, responsable communication de la CGT Chemins de fer de Provence, a expliqué : « Quand on voit les salaires à la SNCF ou Transdev, on se sent un peu comme des sous-cheminots. D'ailleurs, on a un gros turnover, les gens viennent, se forment au métier, et s'en vont dans une autre entreprise pour gagner plus d'argent. »
La CGT réclame une revalorisation collective des salaires et une meilleure reconnaissance de l'ancienneté. « La grille des salaires ne suit plus le coût de la vie, a poursuivi Thomas Hernandez. Le taux des grévistes est assez impressionnant, c'est du jamais vu, donc on compte bien continuer. »
L'entreprise compte 180 salariés, parmi lesquels des conducteurs de train, des chefs de train, des facteurs mixtes, des agents d'accompagnement et des régulateurs. Plusieurs rounds de négociation ont déjà eu lieu avec la direction. « Hier, on a un peu avancé, mais on est encore loin de ce qu'on réclame. On a fait une assemblée générale ce matin, et tout le monde est très motivé, on ne va rien lâcher, même s'il faut faire 10 jours de grève dans le mois », a prévenu Thomas Hernandez.
La direction évoque des contraintes budgétaires
Vincent Guillaume, directeur de la régie qui exploite la ligne des Chemins de fer de Provence, est venu à la rencontre des grévistes vendredi matin, de manière informelle. « J'étais là pour écouter les difficultés sur le terrain, et rappeler aussi les contraintes budgétaires », a-t-il expliqué. Il a déclaré : « Je comprends les revendications, mais il faut aussi que l'entreprise soit capable d'absorber la hausse des salaires demandée, et sur une seule année, c'est impossible. Donc on va voir si on ne peut pas étaler sur plusieurs années. En tout cas, les négociations se poursuivent, et il faut maintenant trouver une solution rapidement pour arrêter de pénaliser les usagers. »
La ligne, exploitée pour le compte de la Région Paca par les Chemins de fer de Provence, est empruntée chaque année par 650 000 voyageurs. Dans sa partie niçoise, elle est accessible avec un titre de transport Lignes d'Azur et fonctionne presque comme un tramway, avec environ 2 500 usagers quotidiens. Le syndicaliste a également évoqué les conditions de travail : « La Région va investir dans les trains, c'est très bien, mais il faut aussi investir dans l'humain. Aujourd'hui on a des trains vieillissants, qui tombent souvent en panne, avec la clim qui marche une fois sur deux… Et on est aussi victime de notre succès, on est souvent obligé de refuser des usagers, donc ça peut créer des tensions. »
La prochaine réunion entre la direction et les grévistes est prévue mardi 15 septembre. En attendant, aucune nouvelle journée de grève n'est programmée. « On espère tomber d'accord rapidement, parce que les usagers, peuchère, c'est eux qui trinquent. Mais c'est malheureusement le seul moyen de pression qu'on a », a conclu Thomas Hernandez.



