Deux Corses fichés au grand banditisme, Dominique Ambroggi et Pierre Balenci, ont été placés en détention provisoire ce lundi 7 septembre 2026 à Nice. Le RAID les avait interpellés à la suite d'une agression à domicile commise un mois plus tôt à Nice-Ouest.
Une agression à domicile à Nice-Ouest
Les faits remontent au 10 août dernier. Un entrepreneur quitte son domicile, situé côté Fabron, tandis que sa femme s'y trouve encore. Soudain, la moustiquaire de la porte cède. Deux intrus font irruption : l'un est encagoulé, l'autre porte une perruque. Ils ne sont pas armés, mais projettent la quinquagénaire au sol avant de la ligoter. Elle se retrouve séquestrée dans son dressing, pieds et poings liés, bouche masquée par du ruban adhésif.
Les agresseurs emportent une tablette tactile, un téléphone portable et des cartouches de cigarettes, puis repartent à bord d'une Renault Clio. Un renseignement les aurait mis sur la piste d'un coffre-fort, mais le tuyau était manifestement percé.
Des profils lourds au casier judiciaire chargé
Le service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice mène l'enquête. Les enquêteurs ciblent un employé de l'entrepreneur cambriolé, qui avait donné une seconde chance à Dominique Ambroggi malgré son lourd casier judiciaire. En 1996, Ambroggi est condamné pour le braquage d'un fourgon postal commis en 1995. Surtout, le 31 décembre 1996, il abat avec un fusil de chasse un homme qui a témoigné contre lui lors de ce procès, ainsi que la compagne de la victime.
Interpellé une première fois, Dominique Ambroggi s'évade de la prison de Borgo (Haute-Corse) avec « le roi de l'évasion », Joseph Menconi. Il sera condamné par contumace pour assassinat et meurtre. Rattrapé en 2004, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 18 ans.
Les prévenus nient et sont placés en détention
Depuis deux ans, Dominique Ambroggi est en liberté conditionnelle. À 58 ans, il comparaît aux côtés de Pierre Balenci, 66 ans, et de la sœur de ce dernier, qui est aussi sa compagne. La sœur et compagne serait impliquée pour avoir commandé le taxi qui les a conduits sur les lieux. Tous trois nient en bloc.
« Je n'ai rien à dire ni pour, ni contre eux », assure Ambroggi en évoquant le couple cambriolé. Il s'adresse à leur avocate, Me Valérie Serra : « Ils ont toujours été là pour moi. J'ai un respect, j'ai un savoir-vivre. Je ne comprends pas d'être accusé de la sorte », se défend-il avec son accent corse.
Pierre Balenci, lui aussi, a fait valoir son droit au silence. Son casier judiciaire compte une dizaine de condamnations, souvent à de lourdes peines, de 1980 à 2022, d'Ajaccio à Angers. Il a été acquitté des faits les plus graves : la mort de Jacques Ettori, à Sartène (Corse-du-Sud), le 4 septembre 2010. Ce jour-là, cinq balles l'ont atteint lors d'une tentative de règlement de comptes. Il a riposté et tué l'un de ses agresseurs, s'en tirant avec quatre ans de prison pour port d'arme.
Devant le tribunal présidé par Alexandre Julien, Balenci toise le tribunal. « Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? » demande le juge. « Retraité », répond-il. L'échange tourne court : « Vous cherchez un problème là où il n'y en a pas. Je n'ai plus rien à vous dire. »
La sœur de Balenci nie également toute implication, mais se montre plus prolixe. « Je suis un peu sourde depuis qu'on m'a fait éclater une porte dans la tête », s'offusque-t-elle en évoquant l'intervention du RAID dans le centre-ville de Nice. Elle invoque des problèmes de santé et estime n'avoir rien à se reprocher.
La défense, assurée par Mes Abdellatif Kerzazi, Brigitte Mindeguia et Baptiste Bermondy, plaide le contrôle judiciaire. Mais le tribunal entend prévenir tout risque de concertation d'ici le procès au fond, renvoyé au 9 novembre. D'ici là, tous trois partent en détention provisoire.



