Saison 2026 record dans les marais salants guérandais
Saison 2026 record dans les marais salants guérandais

La saison 2026 restera dans les annales des marais salants guérandais. Sous l'effet des vagues de chaleur et de l'absence de pluie, la production de sel a plus que doublé sur les dernières semaines. Les paludiers ont récolté en moyenne plus de trois tonnes par œillet, contre une tonne et demie habituellement. Un record qui contraste avec l'été 2024, où la pluie avait ruiné la production.

Une récolte exceptionnelle grâce à la chaleur

« Le système fonctionnait presque trop bien et les marais ont saturé », explique Fabien Ozanne, paludier et responsable commercial de la société Tradysel. Les conditions climatiques exceptionnelles de cet été ont permis des récoltes doubles, soit plus de trois tonnes par œillet. En cette deuxième semaine de septembre, le rituel de la récolte se fait de plus en plus rare dans les salines. « Avec les épisodes de pluie de ces derniers jours, on va jouer les arrêts de jeu », estime-t-il, sans regret.

Les paludiers ont dû s'adapter à un rythme de travail intense. « La saison a été marquante par son intensité. Nous avons travaillé plus de 60 jours consécutifs, en temps normal on a toujours un orage ou une petite pluie qui vient diluer l'eau salée et nous offrir une pause, hors cette année on a travaillé de façon continue », raconte Fabien Ozanne.

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Un travail acharné sous un soleil de plomb

Basés sur le climat breton, les marais guérandais « ont cuit » sous les rayons du soleil, forçant les paludiers à réapprovisionner les vasières (bassins de stockage des marais salants) en eau de mer. « Au lieu d'avoir des gros grains, on s'est retrouvé avec de la poudre », une texture plus proche du sel méditerranéen, précise le paludier, « mais la qualité du sel reste inchangée. »

Pour éviter de récolter en plein cagnard, les paludiers se sont levés aux aurores. « Certains arrivaient à 4 heures », bottes aux pieds et lampes sur le front, et débauchaient aux alentours de 10 heures, avant de revenir en soirée pour récolter la fameuse fleur de sel. Concentrée uniquement en surface, la fine couche de cristaux représente 5 % du volume de la récolte chaque année, mais jusqu'à 40 % de la valeur de la production. Autre fait exceptionnel, la fleur de sel qui se forme habituellement en soirée grâce à la baisse des températures, a dû être récoltée au petit matin. « Cela ne peut se produire qu'en période de canicule », hallucine encore Fabien Ozanne.

Un stock précieux pour l'avenir

L'avantage du sel, c'est qu'il se stocke. « Le sel ne se périme pas, celui récolté il y a 40 ans ressemble comme deux gouttes d'eau à celui récolté il y a trois ans », s'amuse le paludier. À titre de comparaison, le sel de l'Himalaya a 200 millions d'années. Ainsi, le sel récolté en 2026 permettra aux paludiers de compenser les pertes liées aux saisons plus pluvieuses. « Certains se permettent aussi de partir à la retraite un peu plus tôt ou de maintenir leur train de vie malgré un problème de santé », cite le responsable de Tradysel.

Si la profession est entièrement dépendante de la météo, il y a fort à parier que les récoltes exceptionnelles deviennent la norme, conséquence directe du réchauffement climatique. Les paludiers devront donc s'adapter à ces nouvelles conditions, tout en conservant leur savoir-faire ancestral.

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