La Compagnie des Autobus de Monaco (CAM) poursuit la transformation de son parc de véhicules. Environ la moitié des 70 bus qui composent la flotte sont désormais électriques. L'objectif fixé par le gouvernement princier est d'atteindre 100 % d'électrique à l'horizon 2030.
Une transition engagée depuis 2020-2021
Cette transformation ne se limite pas au simple remplacement des véhicules thermiques. Engagée depuis 2020-2021, elle implique une adaptation en profondeur des infrastructures et des méthodes de travail de la compagnie.
« C'est une volonté gouvernementale : en 2030, tout le parc autobus doit être électrique », rappelle Romain Ragonneau, responsable technique de la CAM. Selon lui, ce projet « va permettre de supprimer les émissions liées à la combustion des carburants ». Il précise toutefois que les bus électriques génèrent une pollution lors de leur fabrication, mais pas au moment de leur exploitation.
Des dépôts repensés pour la sécurité et la charge
La première étape de cette transition a consisté à adapter les dépôts de la CAM. « Une partie des travaux a été consacrée à l'exploitation, c'est-à-dire à l'installation des chargeurs qui font fonctionner les bus », indique le responsable. Le temps de charge d'un modèle est estimé à environ trois heures, contre quelques minutes pour un plein de carburant traditionnel.
Le chantier a également intégré un important volet sécuritaire. « Avec l'arrivée de l'électrique il y a eu tout un nouveau volet sécuritaire à prendre en compte », explique Romain Ragonneau. Contrairement aux véhicules thermiques, les bus électriques transportent leurs batteries sur le toit. Le plafond du dépôt de Fontvieille a donc été rénové pour garantir une sécurité maximale en cas de risque d'incendie.
En cas d'incendie, qui ne s'est jamais produit jusqu'ici, le plafond du dépôt serait plus exposé. « Nous avons donc eu une approche préventive et curative pour éviter tout incident », détaille le responsable technique. Cela se traduit par un flocage du plafond pour éviter qu'il ne s'enflamme, ainsi que l'installation de caméras thermiques pour détecter un éventuel emballement d'une batterie. Pour l'aspect curatif, des dispositifs d'extinction à mousse ont été installés afin de faciliter l'intervention des pompiers.
Une maintenance et une conduite repensées
Cette transition a introduit de nouveaux équipements qui nécessitent une maintenance et une expertise spécifiques. « Pour les travaux sous tensions, par exemple si nous devions changer une cellule dans une batterie, quatre de nos agents sont habilités », précise Romain Ragonneau. Il constate également que l'entretien des véhicules électriques est plus exigeant que prévu : « Il y a cinq, six ans, on pouvait penser que ces véhicules électriques nécessiteraient beaucoup moins d'entretien, mais c'est faux. » La raison invoquée est la multiplication des systèmes de sécurité et de l'informatique embarquée, qui engendre « plus de réglages » et une « évolution des compétences demandées pour la maintenance, cela nécessite polyvalence et rigueur ».
La conduite elle-même a changé. « Les chauffeurs doivent penser à lever le pied, à utiliser le ralentisseur en descente pour recharger les batteries et même pour préserver les plaquettes de frein », explique le responsable technique.
2027, une année « charnière » pour l'électrification
Sur le plan économique, la transition présente un avantage notable. « Au niveau de l'énergie, cela coûte environ cinq fois moins cher au kilomètre en électricité par rapport aux moteurs thermiques », chiffre Romain Ragonneau. Si l'investissement initial est conséquent, l'objectif est d'offrir le meilleur service aux usagers. « L'image de marque et le standing que l'on veut à Monaco ont été parmi les critères pour choisir ce modèle », ajoute-t-il, en référence aux 13 nouveaux Mercedes E-Citaro intégrés au parc.
La suite des avancées est prévue pour 2027, avec la fin des travaux d'aménagement dans le parking des Pêcheurs. « C'est un peu une année charnière, car nous pourrons poursuivre la mise en service des nouveaux bus électriques », se réjouit Romain Ragonneau. En revanche, il n'est pas prévu, pour l'instant, de se séparer des véhicules thermiques encore en bon état. « Pour l'instant, nous n'avons pas la place ni le parc pour être en 100 % électriques. De plus, en cas de maintenance il faut pouvoir compter sur des bus de réserve », justifie le responsable technique.



