La Chine demande à ses constructeurs auto de jouer la loyale
Chine : directives pour une concurrence loyale

Pékin a publié, le 1er septembre, une série de directives destinées à ses constructeurs automobiles. Ces textes, émanant des Ministères chinois du Commerce et de l'Industrie ainsi que de l'administration chargée de la régulation des marchés, visent à encadrer leurs pratiques commerciales à l'étranger. Les constructeurs sont notamment invités à fixer leurs tarifs en fonction de leurs coûts réels et des réalités des différents marchés, à éviter les variations de prix brutales, et à garantir la transparence des promotions, de la publicité, du financement ou encore la liberté tarifaire des distributeurs.

Un avertissement plus qu'un règlement

Le message est clair : « jouez à la loyale ». Pékin cherche ainsi à éviter d'exporter la féroce guerre des prix qui ne profite à personne, mais aussi à préserver la valeur et la réputation de marques qui comptent de plus en plus sur l'exportation pour poursuivre leur croissance. Il convient de souligner que pour le moment, ces directives sont plus un avertissement qu'un nouveau règlement gravé dans le marbre.

La vitesse de développement en question

Outre les pratiques commerciales, Pékin commence aussi à s'inquiéter d'une autre spécificité de son industrie automobile : sa vitesse. Là où les constructeurs traditionnels mettent trois à cinq ans pour développer un nouveau modèle, certaines marques chinoises sont descendues à environ deux ans. L'utilisation croissante de l'intelligence artificielle pourrait encore raccourcir ce délai jusqu'à 18 mois.

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Un cadre de Chery aurait même déclaré qu'il existe une limite à la « China speed », qu'une voiture n'est pas un smartphone, et que certaines étapes indispensables à sa fiabilité et à sa sécurité ne peuvent pas être compressées indéfiniment. Les autorités chinoises envisagent donc de doubler la norme actuelle de validation sur route. Pour une voiture électrique, cette norme passerait ainsi de 15.000 à 30.000 km. À titre de comparaison, les flottes de prototypes de développement des marques européennes peuvent cumuler jusqu'à 2 millions de kilomètres.

Un changement de cap stratégique

En somme, après avoir encouragé ses constructeurs à aller toujours plus vite et à se battre toujours plus férocement, la Chine semble désormais leur demander de lever légèrement le pied sur des méthodes qui commencent à montrer leurs limites. Ce changement de cap stratégique pourrait avoir des répercussions sur la compétitivité des marques chinoises à l'international, mais aussi sur la qualité et la sécurité perçues de leurs véhicules.

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