Ce lundi 7 septembre, devant la cour d’assises de l’Hérault, Félix Tavares, 49 ans, a répété ses excuses : « C’est un drame que je garderai toujours en moi, pour toute ma vie, et je m’en excuse encore ». Pourtant, les faits qui lui sont reprochés sont d’une extrême gravité : avoir volontairement percuté Mylvia Calvayrac, une mère de famille de 48 ans, sur le parking de La Guinguette du Roy, à Béziers-Plage, dans la nuit du 25 au 26 décembre 2021. Le choc a été d’une violence inouïe : la victime, heurtée par-derrière, a été projetée en l’air, le visage enfoncé, le thorax écrasé, avec une marque de pneu sur l’abdomen. Elle est décédée dans les minutes suivantes.
Un drame annoncé quelques minutes avant le choc
Selon les témoins, l’accusé, ivre de vodka et de colère, aurait annoncé la couleur avant de passer à l’acte : « Ce soir, je tue quelqu’un ! ». Il venait d’être expulsé de la discothèque, après une bagarre. Un agent de sécurité avait confié les clés de sa voiture à une amie, en vain, car Félix Tavares n’était pas en état de conduire. Les deux hommes, Félix et son passager Mario, ont reconnu avoir consommé deux bouteilles de vodka dans l’établissement. Le taux d’alcool de Félix Tavares était de 2,23 g par litre de sang.
Après le choc, Félix Tavares est allé provoquer les témoins terrifiés, avant de repartir à toute vitesse. Il a parcouru une centaine de mètres avant de basculer dans un fossé, où les policiers ont arrêté les deux hommes. Aujourd’hui, tous deux affirment ne garder aucun souvenir de l’impact fatal. Mario, qui comparaît libre, déclare : « J’ai le ressenti de ce véhicule qui fait du rodéo sur le parking en gravier mais pas plus ». Félix Tavares, en détention provisoire depuis plus de quatre ans et demi, ajoute : « Je me souviens de me faire agresser et que la police me réveille et me dit que j’ai enlevé la vie à une personne ».
Un parcours contrasté, entre délinquance et reconnaissance
Félix Tavares encourt trente ans de réclusion pour meurtre. Son ami Mario risque cinq ans pour non-assistance à personne en danger, la justice estimant qu’il n’a rien fait pour empêcher son comparse de donner volontairement la mort. Originaire d’un quartier sensible des Mureaux, dans les Yvelines, Félix Tavares a été condamné à treize reprises depuis 1997, étant entré en délinquance à l’adolescence après le décès de son père, alors que sa famille était dans une situation sociale précaire.
Mais il a aussi une très forte image auprès de certains témoins. Il a été médiateur social à Pérols et fondateur d’une association d’aide au logement dans les quartiers difficiles, ce qui lui a valu d’être reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, le 22 mai 2018. Son ami Sabar, qui l’accompagnait chez le Président, témoigne : « C’était l’un des plus beaux jours de ma vie, et Félix, c’est une personne magnifique ». La famille de Mylvia, choquée, a quitté l’audience. Le verdict est attendu ce jeudi.



