Lors de sa visite pour la rentrée 2026, le mardi 1er septembre, le président Emmanuel Macron s'est rendu à l'antenne mendoise de la faculté d'Éducation de Montpellier pour échanger avec les premiers lauréats du nouveau concours d'enseignants à bac + 3. Il a salué une réforme à laquelle il tient, visant à orienter plus tôt vers les métiers de l'enseignement.
Une réforme qui attire les candidatures
Depuis cette année, la formation initiale permet de recruter les enseignants à bac + 3, au lieu de bac + 5, avec une période transitoire de deux ans où les deux concours cohabitent. Philippe Augé, président de l'Université de Montpellier, a livré une première statistique : plus de 1000 candidatures sur Parcoursup pour les places en licence 1, soit une hausse de 230 %.
La perspective de passer le concours à bac + 3 et d'être formé ensuite pendant deux ans en étant rémunéré (1400 € puis 1800 €) a changé le regard des aspirants professeurs sur le cursus. Le Master Métier de l'enseignement et de l'Éducation (M2E) ouvre de nouvelles perspectives, même s'il reste critiqué par de nombreux syndicats d'enseignants.
Des étudiants conquis par la formation
Les étudiants, élèves fonctionnaires ou stagiaires à mi-temps, ont exprimé leur satisfaction. Une étudiante en L1 a déclaré : « Se préparer plus tôt grâce aux stages, avoir une formation tout en ayant un pied sur le terrain, c'est vraiment l'idéal. » Manon, lauréate du nouveau concours, a souligné : « Financer trois ans ou cinq ans d'études, ça n'a rien à voir, c'est une belle opportunité. » Son cursus comprend deux jours en école à 50 % et trois jours de formation à la fac chaque semaine.
Une de ses collègues a confié : « La première matinée devant les élèves a été un moment émouvant. Nous avons toutes hâte de retourner en classe. » Sur fond de crise des vocations dans l'enseignement, des propos comme « Un rêve », « une vocation », « Voir ma mère préparer ses cours m'avait donné l'envie » ont été entendus.
Un cadre sécurisant pour les futurs enseignants
La présence d'un tuteur de terrain et d'un tuteur universitaire sécurise les futures enseignantes. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a rappelé que « la Lozère est le département de France qui compte le moins d'élèves par classe », une affectation idéale pour se lancer en douceur. Une stagiaire originaire des Pyrénées-Orientales a avoué avoir fait « le choix d'un effectif restreint pour mieux m'adapter aux contraintes de la profession ».
Emmanuel Macron a conclu : « Cette réforme nous ramène un peu à ce que l'on a connu avec l'École Normale et qui fonctionnait, quelque chose de plus cohérent dans la formation en offrant une pluralité de parcours. Il nous appartiendra de la consolider, de renforcer ce cadre pour relancer l'attractivité de ce beau métier que vous avez choisi. »
La visite présidentielle s'inscrit dans un contexte de campagne présidentielle à venir, et cette réforme pourrait être un sujet clé pour l'avenir de l'éducation en France.



