Faux conseiller bancaire : six ans de prison à Grasse
Faux conseiller bancaire : six ans de prison à Grasse

Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné Ludovic L., un Parisien de 26 ans, à six ans de prison avec maintien en détention et 50 000 euros d'amende pour une vaste escroquerie au faux conseiller bancaire. Le préjudice avoué dépasse les 70 000 euros, mais les enquêteurs ont découvert un fichier Excel contenant plus de 6 000 noms de clients d'établissements bancaires, récupéré sur le dark web, laissant craindre une fraude d'une ampleur bien supérieure.

Un procès marqué par le témoignage d'une victime

Ce vendredi 11 septembre, lors du second jour d'audience, une seule victime parmi les seize identifiées s'est présentée à la barre pour témoigner. Cette dernière a expliqué avoir été dupée par le prévenu, qui avait détourné un compte WhatsApp pour l'avertir d'une fraude imaginaire sur son compte bancaire. « Je n'aurais jamais imaginé me faire avoir comme cela. 5 000 euros ont été prélevés sans pouvoir stopper la fraude. C'était organisé, précis jusqu'à l'ambiance sonore », a-t-elle déclaré.

Des méthodes sophistiquées et un préjudice potentiel important

L'escroc utilisait des techniques particulièrement élaborées pour tromper ses victimes. Le numéro attribué à la banque s'affichait sur l'écran des clients, et une ambiance sonore de call center accompagnait les appels frauduleux pour renforcer la crédibilité de la supercherie. Lors de son arrestation dans une chambre d'hôtel à Cagnes-sur-Mer, les enquêteurs ont saisi un ordinateur contenant un fichier Excel récupéré sur le dark web, listant plus de 6 000 noms de clients d'établissements bancaires avec des données confidentielles, laissant présager une fraude potentiellement beaucoup plus étendue.

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Un prévenu qui minimise son implication

Le procureur Julien Pronier a qualifié le prévenu « d'orfèvre du blanchiment qui minimise son implication », ajoutant qu'« il considère l'escroquerie comme un travail ». Il avait requis six ans de prison dont un avec sursis, 50 000 euros d'amende et une interdiction du territoire des Alpes-Maritimes pendant cinq ans. De son côté, Me Laura Lagarde, avocate du prévenu, a évoqué « une vision de la réussite d'un gamin alors âgé de vingt ans où il fallait avoir de l'argent », tout en contestant l'étendue des accusations : « Est-il à l'origine de toutes les fraudes qu'on lui reproche entre 2021 et 2023 ? On n'en a pas de preuves. »

Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du procureur, condamnant Ludovic L. à six ans de prison avec maintien en détention et 50 000 euros d'amende.

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