À l'approche de l'acte II du mouvement social prévu ce samedi 24 octobre, certains commerçants de Montpellier se tournent vers les équipements d'autodéfense. Selon un sondage Elabe pour BFMTV daté du mercredi 21 octobre, six Français sur dix estiment devoir assurer eux-mêmes leur sécurité. Cette tendance se confirme dans les armureries de la ville, où les ventes de bombes lacrymogènes, de flash-balls et même de lanceurs de balles de défense ont fortement augmenté depuis les pillages du 17 octobre 2026.
Une hausse des ventes d'armes d'autodéfense
Dans l'une des armureries de Montpellier, le gérant constate une augmentation significative des ventes d'armes d'autodéfense. "On est sur du fois cinq facile", affirme-t-il. Les bombes lacrymogènes représentent 90 % des ventes, tandis que quelques flash-balls sont achetés par des commerçants disposant d'un certificat médical. "Après, j'ai eu du lanceur de balles de défense en vente libre", ajoute-t-il.
Les principaux clients sont des bijoutiers, des magasins de vêtements et des restaurateurs. Certains envisagent de rester dans leur magasin ce samedi pour le défendre en cas de nouveaux pillages. "Je comprends que l'on veuille protéger son bien, moi, je trouve ça normal, abonde l'armurier. D'ailleurs, je serai moi aussi samedi dans mon magasin en train de le protéger. À Marseille, il y a une armurerie qui s'est fait piller."
Des équipements coûteux et puissants
Une bombe de gaz lacrymogène, similaire à celle des forces de l'ordre mais en plus petit format, coûte une trentaine d'euros. Certaines personnes ont déjà investi plus de 1 000 euros. "Le flash-ball fait 200 joules, l'équivalent d'un coup de poing de boxeur professionnel", précise l'armurier. Selon lui, des policiers de passage au magasin se seraient montrés pessimistes pour samedi prochain et se seraient même renseignés sur les équipements achetés par les commerçants.
D'autres commerçants, notamment dans les bijouteries de Montpellier, affirment ne pas avoir attendu les événements du 17 octobre pour "s'organiser", autrement dit s'armer. Ceux qui ont accepté de répondre à Midi Libre évoquent le recours aux balles en caoutchouc en dernier recours. D'autres misent sur des bijoux factices ou des rideaux de fer plein, et prévoient de rester confinés dans leur magasin ce samedi, en attendant que l'orage passe.
Des réserves et une mise en garde juridique
Certains reconnaissent que ce n'est pas la solution : "Il faut tout de même avoir un sang-froid impressionnant pour ne pas faire n'importe quoi. En plus, on n'a pas les lois pour nous." Avant d'ajouter : "Si les gens s'arment, c'est qu'ils n'ont pas été défendus samedi dernier."
Du côté du Gard, les quelques armureries contactées ne constatent pas de hausse des ventes d'armes d'autodéfense. D'autres concèdent, du bout des lèvres : "Compte tenu du climat, je ne vais rien vous apprendre en vous disant que les gens se renseignent, oui."
La légitime défense est strictement encadrée par la loi française : elle doit être nécessaire, immédiate et proportionnée. Recourir à la violence pour protéger uniquement des biens matériels peut exposer les commerçants à des poursuites judiciaires.