À Bagnols-sur-Cèze, circuler à vélo reste un parcours du combattant pour de nombreux usagers. Selon le dernier baromètre de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), la ville est classée E, soit un climat vélo « plutôt défavorable ». Guillaume Beaudry, coprésident de l'association Gard O Climat et cycliste quasi-quotidien, constate une « accélération sensible » de la pratique, mais estime que cela « n'est pas suffisant » pour lever les freins chez les personnes qui craignent de prendre leur vélo.
Des points noirs persistants aux entrées de ville
Sur la carte des points prioritaires publiée par la FUB, du rouge apparaît à l'entrée Est de Bagnols-sur-Cèze, au niveau de la route d'Avignon. « Danger », signale un contributeur. « Pas de piste cyclable », indique un autre. Guillaume Beaudry abonde : « Ici, c'est un vrai coupe-gorge ». Selon lui, il manque « 200 mètres d'aménagement pour faire du vélo en sécurité ». Il propose un itinéraire alternatif : « L'idéal serait de passer par le parc du château (de Paniscoule, NDLR) puis par le lotissement à côté pour déboucher zone de l'Euze et attraper le chemin du Vieux Chusclan qui est tranquille pour rejoindre Chusclan puis Marcoule ».
Actuellement, une dizaine de personnes se rendent à Marcoule à vélo, mais « soit au péril de leur vie en s'engageant sur la route, soit en restant sur le trottoir qui n'est pas fait pour ça », précise-t-il. Un autre point noir est l'avenue de la Mayre, où le revêtement n'est pas adapté et des racines ont créé des bosses sur la chaussée.
Des aménagements qui ne débouchent sur rien
Devant la gare, des aménagements ont été réalisés dans le cadre du pôle d'échanges multimodal en 2022, mais ils « ne débouchent sur rien », déplore Guillaume Beaudry. Une piste cyclable avec feu de circulation dédié a vu le jour sur le parvis, mais l'un des balisages fait traverser la route et mène à la jardinerie Coulange, tandis qu'un autre finit quelques mètres plus loin. « L'objectif est que les gens viennent prendre le train à vélo. Donc ces aménagements ne se pensent que dans un réseau », avance-t-il.
La future passerelle sur la Cèze, en cours de construction, suscite également des interrogations. « C'est un investissement qu'on attend depuis longtemps pour franchir en toute sécurité la Cèze », indique Guillaume Beaudry. Il rappelle qu'il est « urgent de la connecter avec les autres axes sinon elle ne sera pas utilisée. Il faut aller plus loin pour que les gens qui habitent de l'autre côté puissent venir dans le centre-ville. Il faut aussi prévoir une piste cyclable de l'autre côté sinon la sortie de la passerelle à vélo va être un poil compliquée ».
Des progrès notables mais insuffisants
Malgré ces difficultés, Guillaume Beaudry salue les pistes cyclables de l'avenue Vigan-Braquet, inaugurées l'an dernier. « C'est le plus bel aménagement, on est très contents que nos remarques à ce sujet aient été écoutées », reconnaît-il. Ces pistes desservent le lycée, le stade et les écoles. Seul point noir : la liaison avec la deuxième partie de l'avenue qui rejoint Intermarché, où la bande cyclable est moins sécurisante.
Selon le baromètre FUB 2025, basé sur 83 contributions, 27 participants considèrent que la situation est identique à il y a trois ans, tandis que vingt estiment qu'elle s'est un peu améliorée. La sécurité et le confort restent les deux plus gros points noirs. Les non-cyclistes invoquent le manque d'aménagements pour expliquer leur absence de pratique. « Il y a eu une accélération sensible sur les six dernières années sur la pratique du vélo mais cela n'est pas suffisant », conclut Guillaume Beaudry, qui s'interroge sur la politique que mènera la nouvelle municipalité en matière de mobilités douces.