Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé, vendredi 16 octobre dans l’émission « Les 4 Vérités » sur France 2, que les forces de l’ordre pourraient recourir à tous les types d’armes intermédiaires lors de la mobilisation nationale prévue samedi 17 octobre. Cette déclaration intervient dans un contexte « extrêmement dégradé », selon ses propres termes, alors que des violences urbaines sont redoutées.
Une suspension levée après l’incident de Lens
L’usage des grenades assourdissantes avait été suspendu après qu’un adolescent a eu la main arrachée à Lens lors des blocus lycéens. Laurent Nuñez a précisé que ces grenades, tout comme les lanceurs de balles de défense (LBD) et les pistolets à impulsion électrique, pourront être utilisés par les policiers et les gendarmes « s’il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves ». Cette décision marque un durcissement notable de la posture gouvernementale.
Une mobilisation « assez importante » attendue
Le ministre de l’Intérieur s’attend à une mobilisation « assez importante », mêlant les revendications des Gilets jaunes contre la vie chère et la colère des jeunes. Environ 250 actions ont été recensées sur l’ensemble du territoire, dont 80 cortèges envisagés et une quarantaine de manifestations déjà déclarées. Les autorités anticipent entre 50 000 et 100 000 manifestants hors région parisienne, auxquels s’ajouteraient 20 000 à 40 000 personnes à Paris.
Un dispositif sécuritaire renforcé
Cette annonce intervient alors que le principal syndicat de police Alliance a porté plainte contre l’État pour mise en danger de la vie d’autrui, en lien avec les blocus lycéens. Par ailleurs, la préfecture a été autorisée à utiliser des drones au-dessus de sept établissements montpelliérains pour surveiller les rassemblements. Les points de manifestation prévus ce samedi incluent des rues, des ronds-points, des gares et des raffineries, selon une carte publiée par Midi Libre.
Cette mobilisation du 17 octobre, marquée par le retour des Gilets jaunes, suscite des attentes fortes dans plusieurs régions, notamment dans le Biterrois et le nord du Gard, où des rassemblements sont prévus à Alès et à Bagnols. Les manifestants, comme ceux réunis sur le Vieux-Port à Marseille, entendent « faire entendre le peuple » et demandent aux Français de « sortir dans les rues ». La fermeté annoncée par Laurent Nuñez pourrait toutefois attiser les tensions, alors que les forces de l’ordre disposent désormais d’une palette complète d’armes intermédiaires pour répondre à d’éventuels débordements.