Les conseillers régionaux d'Occitanie ont profité d'une conférence de presse, vendredi 16 octobre, pour défendre le travail engagé par la Région en faveur des lycées et de la jeunesse, tout en interpellant l'État face à la crise actuelle. Alors que des manifestations lycéennes ont lieu dans la région, ils ont rappelé les investissements massifs réalisés depuis 2016 et formulé des propositions concrètes, notamment sur l'organisation du baccalauréat et l'orientation.
Un appel à l'État pour répondre à la crise
« La responsabilité première est celle de l'État qui doit répondre à la crise. La situation n'est pas nouvelle ou inédite », a plaidé Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région, lors de cette conférence de presse tenue en parallèle du mouvement lycéen. Les élus souhaitent des décisions rapides sur certains dossiers, en particulier l'organisation du bac au printemps prochain.
Fabrice Verdier, conseiller régional, a détaillé les attentes : « Il faut organiser le bac pour que les épreuves aient lieu le matin et pas l'après-midi dans des salles à 40°. Nous sommes en octobre, c'est possible. » Il a également souligné que les jeunes expriment des demandes légitimes : « Les jeunes nous disent : permettez-nous d'étudier dans de bonnes conditions, ce ne sont pas des revendications farfelues. » Katy Guyot, conseillère régionale, a renchéri : « On devrait être fier de cette jeunesse. »
Des investissements records pour les lycées
Face à la crise, la Région met en avant son bilan. « Depuis 2016, nous avons dépensé deux milliards pour les lycées, construit onze nouveaux lycées, les trois quarts des lycées en Occitanie sont neufs ou rénovés », a précisé Fabrice Verdier. Il a également évoqué le soutien au pouvoir d'achat des familles : « Ce sont 74 millions d'euros qui sont consacrés au pouvoir d'achat des familles », avec la gratuité des manuels scolaires, le dispositif loRdi et le travail sur les transports.
Dans le Gard, plusieurs établissements sont concernés par des travaux, à hauteur de 170 millions d'euros sur les 800 au total dépensés en région. Parmi les projets : 60 millions pour le lycée Jean-Baptiste-Dumas à Alès (bâtiment d'accueil, ateliers, restauration, internat et adaptation climatique), 35 millions pour le lycée Einstein à Bagnols-sur-Cèze (construction d'un nouveau bâtiment, restauration scolaire, pôle science, puis rénovation énergétique d'un bâtiment en 2028 et de celui de l'internat en 2029), 6,5 millions pour le lycée Frédéric-Mistral à Nîmes (restructuration de l'externat et des ateliers) et 13 millions pour le lycée Dhuoda à Nîmes, où la reprise des façades est compliquée par les contraintes architecturales et patrimoniales.
La Région a également engagé un plan canicule à hauteur de 10 millions d'euros, avec 150 interventions prévues avant l'été 2027. « Le Gard sera prioritaire, avec des protections solaires, des brasseurs d'air, des ventilations et quand on ne peut pas faire autrement, de la climatisation », a détaillé Fabrice Verdier. Les proviseurs font actuellement remonter un état des lieux et des besoins.
Orientation et dialogue avec les lycéens
L'autre demande de la Région concerne l'orientation. Face au « dispositif opaque » de Parcoursup, Katy Guyot note « une grande angoisse de l'avenir ». Elle a relayé une proposition de Carole Delga, la présidente de la Région : « confier aux régions la pleine organisation de l'orientation », avec les moyens qui vont avec. « L'idée n'est pas de remplacer Parcoursup, mais d'aller plus loin », avec un « accompagnement plus précoce » permettant de « répondre aux besoins du territoire ».
Pour établir un « dialogue constructif » avec les lycéens, Jean-Luc Gibelin souhaite que « les élus régionaux soient associés systématiquement aux réunions des conseils académiques de la vie lycéenne et qu'il y ait bien la tenue du conseil des délégués de la vie lycéenne avant chaque conseil d'administration ». Cela permettrait de créer un « lien direct » avec les représentants des jeunes.
Thierry Alarcon, conseiller régional, a souligné « l'aspiration à la justice » et rappelé la politique menée pour la lutte contre les discriminations, les violences sexuelles, la cyberviolence, la défense des valeurs citoyennes ou l'accompagnement des victimes. « Nous sommes aux côtés de la jeunesse, des enseignants et des personnels, a résumé Fabrice Verdier. Il faut maintenant que l'État prenne conscience du malaise, fasse confiance aux régions et assume ses responsabilités. »