Le samedi 17 octobre, des commerçants du centre-ville de Montpellier, de l'Écusson au faubourg du Courreau, poseront des bâches sur leurs devantures pour exprimer leur ras-le-bol face à la taxe foncière, aux charges sociales et à la baisse du pouvoir d'achat de leur clientèle. Tout en restant ouverts, ils rejoignent le mouvement de protestation national, sans manifester mais en affichant leurs revendications sur leurs vitrines, façon « ville morte ».
Des commerçants excédés par les charges et l'administratif
« On galère de plus en plus, entre la taxe foncière qui explose, les charges salariales, la baisse des aides pour embaucher des alternants, la facturation électronique… », énumèrent Ghislaine, restauratrice rue du Plan-d'Agde, ainsi que Gaëlle et Manon, gérantes de boutiques de bijoux et accessoires, rue du Four-des-Flammes, au cœur du centre historique. « Aujourd'hui, on passe plus de temps à faire de l'administratif que notre véritable métier », ajoutent-elles.
Ces trois commerçantes ont lancé cette initiative en dehors de tout cadre associatif ou étendard politique. « On est complètement solidaires avec ce mouvement, même si l'on n'a pas les moyens de fermer nos commerces », expliquent-elles. Leur appel a été entendu : de nombreuses enseignes des rues de l'Écusson, du Jeu-de-Paume et du faubourg du Courreau ont adhéré à l'idée.
Une hémorragie de fermetures en centre-ville
« C'est de pire en pire. De nombreuses boutiques ont déjà fermé en centre-ville, et le gros de l'hémorragie arrive. Au tribunal de commerce, les redressements et liquidations se multiplient. Maintenir nos commerces est un combat de tous les jours », alertent les commerçantes montpelliéraines. Elles constatent que les très petites entreprises et les indépendants sont « les oubliées des programmes » en cette période de campagne pour l'élection présidentielle.
Le petit commerce de proximité représente pourtant, selon elles, un enjeu économique et social majeur. « On a vu à quel point le climat en centre-ville avait changé pendant le Covid, quand les magasins étaient fermés. Les commerçants sont un vecteur social. Les clients viennent aussi pour parler », rappellent-elles.
Un pouvoir d'achat en berne qui pénalise les boutiques
Ce rôle est aujourd'hui menacé par le contexte économique, qui pèse sur les professionnels mais aussi sur les consommateurs. « Nos commerces proposent des articles à petits prix, mais nous ne sommes pas essentiels. Quand on se serre la ceinture, on se fait moins plaisir », déplorent Gaëlle et Manon. Le mouvement du 17 octobre, qui réunira lycéens, étudiants, services publics et syndicats, trouve ainsi un écho particulier chez ces commerçants, qui entendent faire entendre leurs difficultés sans fermer boutique.