Montpellier : Delafosse maintient ses objectifs malgré 27 M€ de ponctions
Montpellier : Delafosse maintient ses objectifs malgré 27 M€

Malgré une ponction estimée à 27 millions d'euros par l'État, le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a réaffirmé ses objectifs pour la fin du mandat : création de 30 000 emplois, accession à la propriété pour 4 000 ménages et gestion des risques. Il s'est exprimé ce vendredi 9 octobre lors d'un long échange avec la presse, dans son bureau au 8e étage de l'Hôtel de ville.

Une baisse de dotations assumée

Michaël Delafosse a d'abord évoqué la nouvelle donne budgétaire imposée par la nouvelle loi de finances. « L'État appelle les collectivités au redressement de ses propres comptes », a-t-il expliqué. Selon la projection de France urbaine, la Métropole de Montpellier sera prélevée de 27 M€. « Moi j'appelle ça une baisse des dotations », dénonce le maire, surtout quand on est la ville avec la plus faible dotation par habitant et la région métropolitaine la plus pauvre de France. « Le pays ne semble plus piloté. C'est dur, mais on va s'adapter. »

Priorité à l'emploi et au développement économique

Sa priorité n°1 reste le développement économique et la création d'emplois. L'objectif de 30 000 emplois créés d'ici la fin du mandat est inchangé. Pour y parvenir, il compte sur les 350 hectares de foncier disponibles dans la Métropole, la connectivité et la lisibilité. Sans industrie lourde, il veut capitaliser sur « les forces de Montpellier » : la santé, les industries culturelles et créatives, le numérique et les énergies renouvelables. « Il faut aider les entreprises d'ici à croître et aller partout où c'est possible pour en attirer d'autres », a-t-il ajouté, annonçant un déplacement au Québec la semaine prochaine.

Il a également cité le dispositif lancé ce vendredi par Altémed, In Médio, pour « accompagner les entreprises à faciliter l'installation de leurs collaborateurs sur le territoire ». Malgré les difficultés du secteur du bâtiment, l'élu mise sur trois chantiers majeurs : l'hôpital avec un plan d'investissement de 700 M€, le COM (240 M€) et la LGV entre Montpellier et Béziers. Une clause de recrutement au sein des quartiers prioritaires de la ville a été insérée dans l'offre de marché public.

Logement : 4 000 ménages visés par le Bail réel solidaire

Priorité n°2 : le logement. Face à « la situation épouvantable de certains administrés », Michaël Delafosse veut aider les habitants à devenir propriétaires. À travers l'Office foncier solidaire, il parie que 4 000 ménages pourront bénéficier du Bail réel solidaire (BRS). « Je vais demander à ACM de se mobiliser pour créer du logement étudiant », a-t-il annoncé, ainsi que des résidences sociales pour les seniors. Outre la production de logements, le maire insiste sur la qualité à travers la rénovation urbaine, dont la Mosson est l'exemple le plus parlant.

Alors que l'expérimentation de l'encadrement des loyers est censée prendre fin en novembre, le maire a plaidé pour sa poursuite. « Je ne céderai pas aux oukases de propriétaires qui n'habitent même pas Montpellier », a-t-il martelé. Il se dit favorable à une augmentation conforme à l'indice de référence des loyers, mais non à l'inflation lors d'un changement de locataire.

Gestion des risques : inondations, incendie, canicule

Priorité n°3 : la gestion des risques, notamment les inondations, les incendies et la canicule. Il s'est félicité d'avoir limité les dégâts lors des derniers épisodes : « Les quais du Pirée inondés, c'est Lattes et Pérols qui sont protégés. » Les investissements se poursuivront, comme à Fabrègues avec la digue du Coulazou. Pour le risque incendie, il a annoncé la rénovation prochaine de la caserne des pompiers à Castries et un projet de construction à Montferrier-sur-Lez. Pour prévenir les effets de la canicule, il compte continuer la désimperméabilisation de la ville, la végétalisation et la rénovation thermique des bâtiments publics.

La municipalité a donc du pain sur la planche, mais Michaël Delafosse refuse de laisser place « aux gens qui théorisent l'impuissance ». Il maintient le cap sur ses trois priorités.