Lisnard: «Un jour Ciotti me rejoindra»
Lisnard: «Un jour Ciotti me rejoindra»

David Lisnard, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, a accordé une interview à Nice-Matin lors du Salon des communes et des intercommunalités des Alpes-Maritimes, jeudi 15 octobre à Mandelieu-la-Napoule. Interrogé sur sa campagne présidentielle, il a affirmé que sa dynamique repose sur les 58 000 adhérents de son parti, Nouvelle Énergie, et sur des millions de vues sur les réseaux sociaux. Il a également écarté tout rapprochement avec le Rassemblement national, tout en prédisant qu’Eric Ciotti, nouveau maire de Nice, finirait par le rejoindre.

Une dynamique confirmée par un sondage Ifop

Un sondage Ifop place David Lisnard, pour la première fois, devant Bruno Retailleau et Gabriel Attal, avec 6 % des intentions de vote pour l’élection présidentielle. Interrogé sur ce résultat, Lisnard a déclaré : « Je ne commente jamais les sondages, y compris quand ils sont très bons. Parce qu’il faut rester concentré. » Il a ajouté : « Je suis concentré, je fais beaucoup de terrain, énormément de terrain, et je vais continuer à accélérer, essayer justement de faire entendre la voix du terrain, de faire gagner la voix du terrain parce que je crois que c’est ce qui peut sauver notre pays. »

Lisnard a reconnu sentir un changement depuis l’été, devenu une tendance sur les réseaux sociaux. Il a expliqué que sa stratégie de communication s’appuie sur les adhérents de Nouvelle Énergie. « La dynamique qu’il y a sur les adhésions au parti et sur les dons que l’on reçoit est très importante », a-t-il souligné, précisant que cela lui permet d’organiser des réunions publiques, de recruter des collaborateurs et de travailler sur son projet.

Une campagne portée par les réseaux sociaux

David Lisnard a détaillé sa méthode : « J’avais préparé depuis le printemps une vague de vidéos en discutant avec des jeunes, des gens qui comprennent l’algorithmie, etc. Depuis le mois d’août, je les diffuse moi-même sur mes propres comptes. » Il a ajouté : « Je réagis sur de l’actualité ou je décline mon projet. Parfois, je fais un peu du second degré… J’espérais que ça marcherait et ça marche au-delà de nos espérances. On a fait des millions de vues. »

Il a également évoqué le phénomène des vidéos générées par intelligence artificielle le mettant en scène, affirmant : « Quand je vois des vidéos de moi faites avec de l’IA où je casse la gueule à des gens par exemple, je n’y suis pour rien. Mais bon, ça fait partie du truc. »

La primaire, une solution pour éviter la division

Interrogé sur sa volonté d’organiser une primaire à droite, Lisnard a réaffirmé sa position : « La meilleure façon d’éviter la division qui peut faire perdre, c’est la primaire. C’est encore organisable, ça pourrait très bien avoir lieu en décembre ou en janvier. » Il a cité l’exemple de la gauche, qui a réussi à organiser une primaire, et a déclaré : « Moi j’ai félicité la gauche. Je pense qu’on n’est pas plus idiot à droite. »

Il a également critiqué les anciens membres des gouvernements d’Emmanuel Macron, comme Édouard Philippe, en affirmant : « Tous ceux qui ont participé aux gouvernements d’Emmanuel Macron, ne redresseront pas le pays. » Il a précisé qu’il accepterait de perdre dans une primaire, mais qu’il irait au bout de sa démarche : « Je vais au bout, parce que ce projet, il va faire gagner le pays. Donc je ne vais pas renoncer à ce que je crois bon. »

Une relation personnelle avec Eric Ciotti, mais pas d’alliance avec le RN

David Lisnard a évoqué sa relation avec Eric Ciotti, avec qui il siège au conseil départemental des Alpes-Maritimes. « Moi, j’ai une bonne relation personnelle avec Éric Ciotti. Elle est restée bonne », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « C’est quelqu’un que je respecte, quelqu’un d’intelligent, de structuré. » Cependant, il a rappelé leur divergence politique : « Il a fait un choix politique qui n’est pas le mien. Il est allé avec le RN. Je n’irai pas avec le RN. Parce que je n’y crois pas, tout simplement. »

Lisnard a également exprimé son désaccord sur la question des retraites : « Je ne comprends pas quand on me dit qu’on va faire des économies en France en ramenant la retraite à 62 ans. » Il a toutefois noté une proximité sur les questions économiques : « Quand il parle d’économie, il est beaucoup plus proche de moi que de Madame Le Pen. Donc je pense qu’un jour il me rejoindra. À moi d’être fort, à moi de travailler plus, à moi de convaincre. »

Une position ferme sur l’immigration

Interrogé sur une éventuelle convergence avec le RN sur d’autres sujets, Lisnard a répondu : « Le RN dit lui-même qu’il a repris le programme du RPR des années 80. Moi, j’étais au RPR. Donc dire qu’il faut que les voyous soient en prison, qu’il faut maîtriser l’immigration, ça me va. » Il a toutefois nuancé : « Je ne suis pas pour l’immigration zéro, parce que ça n’a aucun sens. Ce n’est ni souhaitable, ni faisable. »

Il a défendu sa proposition de réduire l’immigration par huit, affirmant : « Quand je dis qu’on va réduire par huit l’immigration, j’ai plein d’immigrés dans ma commune qui me disent “Mais vous avez raison, Monsieur le maire, ce n’est plus possible”. » Il a conclu : « Il faut évidemment que l’on maîtrise le peuplement de notre nation. Évidemment qu’il y a une insécurité, même culturelle, aujourd’hui en France. » Il a également appelé les immigrés « super dynamiques » à rejoindre Nouvelle Énergie pour soutenir cette position.