Les violences urbaines du samedi 17 octobre ont laissé des traces profondes dans le cœur de Montpellier. Selon André Deljarry, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de l'Hérault, 55 magasins de l'Écusson ont été vandalisés, dont 15 entièrement pillés. Le montant des dégâts est estimé entre 3 et 4 millions d'euros, sans compter les pertes d'exploitation et le coût du chômage technique.
Une mobilisation commune des forces politiques et économiques
Ce jeudi 22 octobre, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, accompagnée d'André Deljarry, de Sébastien Cote, premier adjoint de la Ville de Montpellier, et de Boris Bellanger, adjoint au quartier Centre et au commerce, a rencontré les professionnels touchés. "On a souhaité être là tous ensemble, les forces politiques et économiques de la ville de Montpellier, pour témoigner de tout notre soutien aux commerçants impactés par les violences de samedi dernier", a déclaré Carole Delga.
Des dégâts estimés entre 3 et 4 millions d'euros
André Deljarry a détaillé l'ampleur des pertes : "Pour l'instant, sur les 55 magasins qui ont été vandalisés, dont 15 entièrement pillés, on est entre 3 et 4 millions d'euros de dégâts, entre les stocks qui ont été dévalisés, les boutiques qui ont été cassées et les vitrines détruites ou abîmées. Mais c'est sans préjuger les pertes d'exploitation, le coût du chômage technique, la baisse de fréquentation, etc."
La CCI centralise les demandes d'indemnisation
En attendant l'annonce d'un guichet unique par le gouvernement, la CCI de l'Hérault centralise déjà les demandes d'indemnisation. André Deljarry a également appelé à la mise en place d'un dispositif national pour que les commerçants n'aient pas à s'acquitter de franchise dans leurs réparations.
Une cellule psychologique pour les commerçants
La CCI met en place une cellule d'aide psychologique. "Certains patrons ou employés ont vécu un réel traumatisme et viennent travailler la boule au ventre. D'autres ont déjà prévenu qu'ils n'ouvriraient pas samedi, or, on ne peut pas baisser les bras et laisser gagner les casseurs", a souligné André Deljarry.
Une campagne d'affichage pour redynamiser le centre-ville
Carole Delga et André Deljarry, avec le concours des panneaux d'affichage du Département de Kléber Mesquida et de la Métropole, veulent impulser une nouvelle dynamique pour le commerce de centre-ville. "Il faut que les boutiques rouvrent rapidement et que l'on regarde ensemble vers l'avenir, ont-ils insisté. Que l'on redonne aux habitants le goût de faire leurs courses au centre-ville, y compris le samedi. Il y a bientôt la Fête des lumières et la magie des fêtes de Noël. Il faut préserver cette féerie au cœur de ville."
Soutien aux lycéens et mesures pour les lycées
La présidente de la Région a également rappelé son soutien aux revendications des lycéens. "Dès le début du mouvement, Michaël (Delafosse, le maire de Montpellier, NDLR) comme moi, nous dénonçons tout type de violences et appelons le gouvernement à apporter des réponses, parce qu'on a une jeunesse qui est légitime dans ses revendications. Une jeunesse qui a peur de l'avenir et à qui il faut redonner confiance."
La Région, qui doit faire face à 4 millions de dégâts sur les lycées de son ressort et à des dotations de l'État en baisse, vient de dégager 10 millions d'euros pour le dispositif "Canicule". Pare-soleil, brasseurs d'air et films sur fenêtres seront installés dans les établissements pour contrer les températures extrêmes.
Pouvoir d'achat et économie circulaire
Carole Delga a souligné la justesse de nombreuses revendications liées au pouvoir d'achat : "Quand vous voyez une infirmière libérale, en milieu rural, qui a plus de 500 € de carburant, ce n'est pas possible. On ne peut pas continuer à avoir des travailleurs pauvres. Le travail doit permettre de vivre dignement et décemment." Elle a également loué l'économie circulaire, citant l'inauguration des locaux montpelliérains de l'entreprise de reconditionnement Cykero, et "la révolution écologique qui, je le dis, est créatrice d'emplois".