Dans un entretien accordé au Monde, l'économiste russe Alexandra Prokopenko dresse un constat alarmant sur l'état du contrat social en Russie. Selon elle, les élites russes ressentent de plus en plus l'impuissance de l'État à les protéger, ce qui ébranle les bases mêmes de la relation entre le pouvoir et les citoyens.
Un contrat social fragilisé
Le contrat social russe reposait traditionnellement sur un échange : loyauté et obéissance en échange de sécurité et de prospérité. Cependant, les récentes crises, qu'elles soient économiques, sanitaires ou sécuritaires, ont mis en lumière les failles du système. Prokopenko souligne que les élites, qui étaient jusqu'alors les piliers de ce contrat, commencent à douter de la capacité de l'État à remplir sa part du marché.
L'impuissance de l'État face aux menaces
L'économiste cite plusieurs exemples de cette impuissance : la gestion de la pandémie de Covid-19, les sanctions internationales, ou encore l'incapacité à protéger les intérêts des oligarques à l'étranger. Ces échecs répétés alimentent un sentiment d'insécurité chez les élites, qui voient leur patrimoine et leur influence menacés.
Les conséquences sur la stabilité politique
Cette défiance pourrait avoir des répercussions profondes sur la stabilité politique du pays. Prokopenko explique que si les élites ne se sentent plus protégées, elles pourraient chercher à s'assurer ailleurs, voire à remettre en question le régime en place. Le contrat social, qui était le ciment de la société russe, se fissure.
Un avenir incertain
Pour Alexandra Prokopenko, la Russie se trouve à un tournant. Le régime devra soit renforcer sa capacité à protéger les élites, soit faire face à une érosion de son autorité. Dans les deux cas, l'équilibre politique et social du pays est en jeu.



