Donald Trump a relancé, mardi 11 août, son offensive contre la vaccination aux États-Unis, en publiant une série de messages sur son réseau social Truth Social, dans lesquels il remet en cause l'efficacité des vaccins et dénonce une supposée « désinformation » des autorités sanitaires. Cette sortie intervient alors que le pays fait face à une résurgence de cas de rougeole et de coqueluche, et que les experts alertent sur une baisse inquiétante de la couverture vaccinale chez les enfants.
Une campagne de dénigrement systématique
Dans ses messages, l'ancien président républicain a affirmé que « les vaccins ont fait plus de mal que de bien » et a appelé ses partisans à « faire leurs propres recherches » sur les risques liés à la vaccination. Il a également critiqué le Dr Anthony Fauci, ancien conseiller scientifique de la Maison-Blanche, le qualifiant de « menteur » et d'« incompétent ». Ces attaques s'inscrivent dans une stratégie plus large de dénigrement des institutions scientifiques, déjà observée pendant la pandémie de Covid-19.
Des conséquences concrètes sur la santé publique
Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la couverture vaccinale des enfants de deux ans est passée de 95 % en 2019 à 93 % en 2023, et certaines régions enregistrent des taux bien plus faibles. Cette érosion alimente des épidémies évitables : en 2024, plus de 300 cas de rougeole ont été recensés, contre 58 en 2023. Les pédiatres rapportent une augmentation des refus de vaccination de la part des parents, souvent influencés par des discours complotistes véhiculés sur les réseaux sociaux.
Les experts s'inquiètent
« Chaque message de Trump est un coup porté à la santé publique », a déclaré le Dr Peter Hotez, vaccinologue à Houston, dans une interview au Washington Post. « Nous avons besoin de messages clairs et cohérents, et au lieu de cela, nous avons une figure politique majeure qui sème le doute. » De nombreux professionnels de santé redoutent que cette rhétorique ne compromette les efforts de vaccination contre la grippe saisonnière et les prochaines campagnes contre le VRS (virus respiratoire syncytial).
Un enjeu politique pour la présidentielle de 2028
Cette offensive anti-vaccination s'inscrit dans la préparation de la prochaine élection présidentielle. Trump, qui a annoncé sa candidature pour 2028, cherche à consolider sa base électorale, où les sentiments antivax sont particulièrement forts. Selon un sondage de l'Université de Monmouth publié en juillet, 31 % des républicains estiment que les vaccins sont « plus dangereux que les maladies qu'ils préviennent », contre 12 % en 2020.
Les réactions des autorités sanitaires
Face à cette offensive, la secrétaire à la Santé, Xavier Becerra, a rappelé dans un communiqué que « les vaccins sont sûrs et efficaces » et a accusé Trump de « mettre en danger la vie des Américains ». Le CDC a également publié une mise au point sur son site internet, réaffirmant que « la vaccination est l'un des plus grands succès de la santé publique ». Cependant, ces réponses semblent avoir peu d'impact sur les partisans de l'ancien président, qui continuent de partager massivement ses messages.
Une bataille pour l'opinion publique
La controverse intervient dans un contexte de défiance croissante envers les institutions. Une étude de la Kaiser Family Foundation, publiée en juin, montre que 28 % des adultes américains pensent que les vaccins ne sont pas importants pour la santé des enfants, un chiffre en hausse de 10 points depuis 2019. Les experts appellent à une meilleure communication et à un renforcement de la surveillance épidémiologique pour contrer cette tendance.
Alors que la rentrée scolaire approche, les autorités locales redoublent d'efforts pour promouvoir la vaccination. Plusieurs États, comme la Californie et New York, ont renforcé leurs lois d'exemption, mais les débats restent vifs dans les communautés rurales et conservatrices. La bataille pour l'opinion publique ne fait que commencer.



