Lozère : secrets d'un monde disparu révélés par les sédiments
Lozère : les sédiments révèlent un monde disparu

Le 5 août 2026, sur le Causse Méjean, des fouilles matinales ont laissé place à l'analyse minutieuse de sédiments vieux de 170 millions d'années. Les membres de l'association paléontologique des Hauts Plateaux du Languedoc, réunis dans le laboratoire de l'association Takh, scrutent au microscope chaque grain. Leur mission : retrouver les traces infimes de la faune et de la flore disparues pour reconstituer l'environnement des dinosaures.

Une quête de minuscules indices

Dans un silence de plomb, les yeux rivés sur les lentilles, les participants du projet Écodino examinent des échantillons parfois plus petits que quelques millimètres. "On pense que la Lozère était un lieu de passage pour les dinosaures, notamment parce que nous avons retrouvé de nombreuses empreintes, mais aucun ossement", explique Jean-David Moreau, directeur du projet et président de l'association. Les empreintes découvertes dans la grotte de Castelbouc, toujours sur le Causse Méjean, sont spectaculaires : les plus grandes atteignent environ 1,25 mètre de diamètre. Elles sont attribuées à des sauropodes, ces dinosaures herbivores quadrupèdes dont certains mesuraient jusqu'à vingt mètres de long.

Des empreintes aux fragments de vie

Mais pour comprendre le régime alimentaire de ces géants et l'aspect réel de leur habitat, les empreintes ne suffisent pas. Les chercheurs se tournent vers les sédiments, une autre source d'information. Au cours de la semaine du 3 août 2026, près de huit gisements situés dans les Gorges du Tarn et de la Jonte ont été étudiés. Les paléontologues ont utilisé cinq tamis aux mailles différentes pour filtrer les roches, avant une étude au microscope à la recherche de restes de vertébrés (ossements, écailles) et de végétaux.

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Les résultats ne se sont pas fait attendre : "On a trouvé plein de choses intéressantes, comme de gros gastéropodes, et des dents que l'on pense venir de crocodiles terrestres", énumère Jean-David Moreau. Ces découvertes, bien que minuscules, permettent de dresser progressivement le portrait d'un monde disparu. Les études menées en Lozère ont déjà montré que les dinosaures fréquentaient des environnements tropicaux et littoraux, allant des marais côtiers aux vastes lagunes ou aux baies bordées de forêts de conifères. Reste à déterminer ce que ces animaux trouvaient dans ces paysages pour se nourrir. Chaque écaille, chaque dent, chaque fragment de plante est une pièce du puzzle d'un écosystème vieux de près de 170 millions d'années.

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