Un homme de 54 ans, ancien légionnaire, a été mis en examen et placé en détention provisoire pour le meurtre de son ex-compagne, découverte morte à son domicile de Bollène (Vaucluse) jeudi 8 août. Le parquet d'Avignon a annoncé cette décision samedi, précisant que l'homme est également poursuivi pour détention d'armes de catégorie B et C.
Un profil déjà connu des services de police
Selon le communiqué du procureur de la République adjoint, Jean-François Mayet, la victime présentait de nombreuses blessures au niveau du crâne, dont certaines supposaient l'emploi d'un objet tranchant. Les gendarmes sont intervenus jeudi soir après qu'une connaissance de la victime a signalé son absence inquiétante.
L'homme a été interpellé dans la soirée à son propre domicile, où il se trouvait avec les deux enfants du couple. Selon le quotidien La Provence, il s'agit d'un ancien légionnaire, âgé de 54 ans, qui avait été colistier du candidat Rassemblement national aux dernières municipales, Franck Marest, battu par le maire sortant.
Des violences antérieures et des mesures de protection
Ce n'était pas la première fois que l'homme était impliqué dans des violences contre son ex-compagne. En juin dernier, lors de la séparation du couple, il avait déjà été placé en garde à vue pour des violences à son encontre. Placé sous contrôle judiciaire, il devait comparaître devant le tribunal correctionnel de Carpentras en novembre prochain.
Depuis ces faits, la victime bénéficiait de mesures de protection complémentaires, notamment la remise d'un téléphone grave danger confié fin juin par le parquet de Carpentras, ainsi qu'une ordonnance de protection délivrée par le juge aux affaires familiales. Le parquet a précisé qu'aucun autre fait de violence n'avait été signalé depuis juin.
Les enfants pris en charge et l'enquête centralisée
Les deux enfants du couple, originaires de Tchéquie, ont été pris en charge par le centre hospitalier d'Avignon avant d'être placés auprès de l'Aide Sociale à l'Enfance. Le parquet de Carpentras s'est dessaisi de l'enquête au profit de celui d'Avignon, qui la centralise désormais sous l'égide d'un juge d'instruction.
Un contexte national alarmant
Ce drame s'inscrit dans un contexte national préoccupant : 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, contre 96 en 2023, soit une augmentation de 11 %, selon les dernières données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).



