L'Edhec Business School, classée 4e des grandes écoles de commerce françaises au classement Sigem 2026, lance une année chargée avec l'extension de son campus niçois, la refonte de son programme Bachelor et le renforcement de ses instituts de recherche. Le directeur général, Emmanuel Métais, détaille les priorités de ce plan stratégique « Génération 2050 ».
Extension du campus niçois : un nouveau bâtiment sur la Promenade des Anglais
L'Edhec, installée à Nice depuis 40 ans, a racheté le dernier espace disponible sur la Promenade des Anglais, à côté de ses bâtiments actuels. Les travaux débuteront fin 2026 ou début 2027. Le nouveau bâtiment de 7 500 m² sur six étages, avec plusieurs niveaux souterrains de parkings, sera dédié aux étudiants avec des salles de cours et des espaces de collaboration modernes.
Sur les 270 M€ d'investissements prévus dans le plan stratégique 2024-2028, 120 M€ sont consacrés à la construction de nouveaux bâtiments, dont 60 M€ pour Nice et 60 M€ pour Lille. Le nouvel édifice sera opérationnel pour septembre 2030. Ce projet renforce la visibilité internationale du campus et sa capacité d'accueil, une nécessité car les programmes Grande École et BBA affichent complet.
Recherche d'excellence : géopolitique, quantique et climat
L'Edhec investit massivement dans des instituts de recherche d'excellence en géopolitique, climat et nouvelles technologies, en partenariat avec Eurecom et l'École des Mines. Cette recherche doit former les dirigeants, décideurs et entrepreneurs de demain à l'intelligence artificielle, le quantique et le climat, ainsi qu'à leur impact sur les entreprises.
Il y a deux ans, l'école a lancé la chaire géopolitique dirigée par Luc de Rancourt, général 5 étoiles retraité de l'Armée de l'Air à Paris. Cette année, l'Institut du Quantique a été créé à Nice. Son rôle est de comprendre la révolution quantique, de la vulgariser et d'évaluer son impact sur les télécommunications et la finance. En 2030, les ordinateurs quantiques grand public pourraient casser en quelques secondes les systèmes de cryptographie qui sécurisent les transactions bancaires, là où il faut actuellement plusieurs millions d'années.
Refonte du Bachelor : humanités, data et internationalisation
Cette recherche est transcrite dans les programmes d'enseignement. Cette année, l'Edhec propose une nouvelle mouture du Bachelor avec une filière Humanité & Management qui apprend à travailler avec les machines. Dans quatre ans, les équipes seront hybrides avec des agents IA et des humains, il faut donc renforcer les humanités pour préparer les étudiants à ces nouveaux usages et métiers.
L'école a également créé un Bachelor Data & Management avec le King's College de Londres. L'internationalisation est un axe fort : la refonte du Bachelor impose une expérience académique internationale, avec un stage en entreprise ou dans une ONG. « On montre ainsi aux étudiants qu'il n'y a pas besoin d'attendre pour se mettre au service de la société et des grandes causes », souligne Emmanuel Métais. Il ajoute : « Si on délègue tout à une machine, on aura une dette cognitive collective et individuelle vis-à-vis des générations futures. »
Climat et startups : des impacts concrets
Il y a deux ans, l'Edhec a créé un centre de recherche en climat, l'Institut du Climat, impulsé par le professeur Noël Amenc. Les scientifiques ont « probabilisé » les scénarios du GIEC et ont trouvé qu'on s'acheminait vers les plus défavorables. Les algorithmes développés permettent aux professionnels de la finance de savoir comment le changement climatique modifiera la valeur de leurs actifs, de façon très locale. L'Edhec a aussi créé une agence de notation climatique qui classe les pays et entreprises selon leur exposition au risque climatique, ce que les marchés financiers n'avaient pas pris en compte.
Cette année a été un tournant pour l'Edhec qui, sur la base de ses recherches, crée des startups dont le fruit de la vente est reversé à sa Fondation. En 2020, une première vente avait rapporté 200 M€. Au printemps dernier, la filiale Scientific Infra & Private Assets (SIPA), spécialisée dans les indices et données sur les infrastructures et actifs privés, a été rachetée par PEI Group en mars 2026. Cette monétisation a un impact vertueux sur le modèle économique de l'école, permettant à la Fondation Edhec de réinvestir dans le climat, le quantique ou d'attribuer des bourses aux élèves.
Le plan stratégique Génération 2050 s'étale jusqu'en 2028, mais Emmanuel Métais reconnaît que quatre ans est « une éternité dans le monde d'aujourd'hui ». L'école continuera à développer l'IA et le climat, et créera de nouveaux programmes éducatifs pour que les étudiants soient pluridisciplinaires. L'objectif est de former des « multispécialistes » capables d'articuler un certain nombre de connaissances et de sciences, avec une volonté affirmée de « mettre le business au service du bien commun ».