Expo « L'Absurde et le Rêve » à la Citadelle de Villefranche
Expo « L'Absurde et le Rêve » à la Citadelle de Villefranche

Jusqu'au 31 octobre, la Citadelle de Villefranche-sur-Mer se transforme en un théâtre d'illusions où se côtoient l'absurde et le rêve. L'exposition éponyme, « L'Absurde et le Rêve », réunit 33 œuvres du sculpteur belge Arne Quinze et de l'artiste portugaise Joana Vasconcelos, disséminées dans les douves, sur les murs extérieurs, dans les jardins et jusqu'à la chapelle. C'est un parcours immersif que les visiteurs sont invités à expérimenter, à la croisée de la sculpture, de l'installation et de l'architecture.

Une inspiration cinématographique pour Arne Quinze

« Quand on m'a proposé de venir travailler dans ce lieu, le soir-même, j'ai visionné trois fois "Le Testament d'Orphée" de Jean Cocteau », confie Arne Quinze. Ce film, qui mêle réalité et imaginaire, a servi de fil conducteur à la création. Le sculpteur belge, connu pour ses installations monumentales, a souhaité associer une artiste femme à ce projet : « Je voulais travailler avec une artiste femme pour la diversité artistique et avoir un regard plus féminin », détaille-t-il.

Joana Vasconcelos, figure majeure de la scène contemporaine portugaise, a été immédiatement séduite par les lieux. « Nous avons été surpris par la diversité des espaces et des époques de la Citadelle. Tout est inspirant ici, l'histoire, le lieu, l'environnement, c'est incroyable », explique-t-elle. De cette fascination mutuelle est né un dialogue artistique fécond, mêlant leurs univers respectifs : les matières organiques et les assemblages de Quinze, les tissus colorés et les objets du quotidien de Vasconcelos.

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Des œuvres créées spécialement pour le site

Si certaines pièces exposées existaient déjà, d'autres ont été conçues spécifiquement pour l'occasion. L'installation a exigé de nombreuses heures de travail et une grande technicité, comme le soulignent les organisateurs. Il fallait en effet composer avec la configuration singulière du monument, ses escaliers, ses voûtes, ses espaces ouverts sur la mer, pour que chaque œuvre dialogue avec son environnement.

Le travail s'est construit dans un échange permanent entre les deux artistes. « Ce travail est le fruit d'un dialogue incessant entre nos deux univers. Je commençais à réfléchir à certaines pièces avant de demander à Arne de les terminer et inversement. Il y a eu beaucoup de discussions car nous n'étions pas toujours d'accord ! », commente Joana Vasconcelos. Arne Quinze, amusé, renchérit : « Et les discussions continuent toujours ».

Une exposition qui appartient aux visiteurs

Aujourd'hui, une fois le parcours achevé, les artistes se disent satisfaits du résultat. « Cette exposition ne nous appartient plus, elle est aux visiteurs, à la Citadelle », affirment-ils. Une humilité rare qui traduit leur attachement au lieu et à son public. Le parcours est conçu comme une expérience sensitive : la lumière, les matières, les éclats de couleur des œuvres… tout participe à une déambulation hors du temps.

Pour Joana Vasconcelos, la partition entre les deux créateurs est claire : « L'absurde, c'est moi, le rêve, c'est Arne ». Le réel, lui, s'impose à travers les murs chargés d'histoire de la Citadelle. « Nous serions tellement heureux que l'une de nos œuvres reste à demeure après l'exposition », confie le duo, laissant planer la possibilité d'une empreinte durable dans ce site d'exception.

Infos pratiques et financement

L'exposition « L'Absurde et le Rêve » est à découvrir jusqu'au 31 octobre, tous les jours (sauf les 14 juillet et 15 août), de 10 h à 17 h. L'entrée est libre, une opportunité de rendre l'art contemporain accessible au plus grand nombre.

Côté budget, Monica Laugier, adjointe à la culture de la ville, a tenu à rassurer les Villefranchois : « Le budget de l'exposition est de 1 million d'euros, financé à plus de 90 % par des mécènes, la part communale s'élevant à 65 000 euros ». Ainsi, malgré l'envergure de la manifestation, la collectivité ne supporte qu'une fraction minime du coût, grâce à un mécénat significatif.

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