La Turquie a officiellement proposé la mise en place d'un mécanisme de moratoire pour tenter d'endiguer la vague d'attaques qui frappe les navires commerciaux en mer Noire. L'annonce a été faite par le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une interview diffusée en direct par l'agence de presse officielle Anadolu.
Une escalade du conflit en mer Noire
« Le conflit s'est étendu à toute la mer Noire. Au début, ils visaient les ports et les navires militaires. Maintenant, ils attaquent tous les navires commerciaux, sans distinction », a déploré le chef de la diplomatie turque. Cette déclaration intervient alors que les frappes se sont intensifiées ces dernières semaines, touchant directement les intérêts économiques de la région.
Le ministre a également souligné que « les navires appartenant à des Turcs ou battant pavillon turc sont également touchés », confirmant que la flotte marchande turque n'est pas épargnée par cette escalade. Selon les informations recueillies, plusieurs équipages ont déjà été blessés dans ces attaques, sans que le bilan exact n'ait été officiellement communiqué.
Une diplomatie neutre mais proactive
La Turquie, qui entretient des relations étroites avec Moscou et Kiev, tente de jouer un rôle de médiateur dans ce conflit. Déjà mardi, Ankara avait dénoncé des attaques de drone survenues la veille en mer Noire contre deux navires appartenant à des armateurs turcs. Ces incidents ont fait des blessés parmi les membres d'équipage, ravivant les inquiétudes sur la sécurité des routes maritimes.
En proposant ce moratoire, la Turquie espère créer un cadre de négociation susceptible de protéger les navires civils et de préserver la liberté de navigation, essentielle pour le commerce international. Le mécanisme envisagé pourrait inclure des corridors humanitaires ou des zones de sécurité, mais aucun détail concret n'a encore été dévoilé.
Un impact économique majeur
La mer Noire est une voie de passage cruciale pour les exportations de céréales et de marchandises, notamment pour l'Ukraine et la Russie. Toute perturbation majeure a des répercussions directes sur les prix alimentaires mondiaux et sur la stabilité économique de la région. Les attaques récentes ont déjà conduit plusieurs compagnies maritimes à revoir leurs itinéraires, augmentant les coûts et les délais de livraison.
Les autorités turques, conscientes de ces enjeux, multiplient les consultations avec les parties prenantes pour faire aboutir leur proposition. Le ministre Hakan Fidan a insisté sur l'urgence d'une action collective : « Nous devons agir rapidement pour éviter une catastrophe humanitaire et économique », a-t-il conclu.



