Le tribunal administratif de Paris a rejeté, vendredi, le recours en référé suspension déposé contre l'expulsion de la chroniqueuse russe pro-Kremlin Xenia Fedorova, actuellement à l'étranger. Les juges ont estimé que « la condition d'urgence du référé suspension n'était pas remplie », selon un communiqué de la juridiction.
Une urgence non démontrée
La procédure en référé suspension est subordonnée à la démonstration d'une urgence. Or, les juges des référés, sans se prononcer sur la légalité de l'arrêté d'expulsion, ont considéré que cette condition n'était pas satisfaite. Le tribunal « reste saisi d'un recours au fond présenté simultanément » au référé suspension, « qui sera jugé ultérieurement ».
Une chroniqueuse accusée de désinformation
Âgée de 45 ans, Xenia Fedorova intervient principalement sur CNews, Europe 1 et dans l'hebdomadaire Le JDNews. Les autorités françaises l'accusent d'être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » visant à « déstabiliser l'ordre public » en France.
Un précédent rejet en référé-liberté
Le 3 août, un premier recours en référé-liberté avait déjà été rejeté, le tribunal soulignant que « la condition d'extrême urgence » requise par cette voie juridique « ne pouvait être retenue ». Lors de l'audience de jeudi pour le référé suspension, l'avocat de la chroniqueuse, Me Emmanuel Piwnica, avait plaidé que l'arrêté d'expulsion et le gel de ses avoirs pour six mois étaient des mesures « illégales et disproportionnées ». Il a contesté tout trouble à l'ordre public ou atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État, affirmant que la présence de sa cliente en France « ne constitue pas une menace ». « Je ne puis qu'être déçu par cette décision », a commenté Me Piwnica vendredi.
Le recours au fond, qui examinera la légalité de l'arrêté d'expulsion, reste pendant devant le tribunal administratif de Paris. La décision sur le fond interviendra ultérieurement, sans calendrier précis annoncé.



