Plongée : portrait-robot de l'accidenté dans le Var
Plongée : portrait-robot de l'accidenté dans le Var

Les accidents de plongée sont en hausse dans le Var et en Méditerranée, et les données collectées depuis 17 ans par le Samu de coordination médicale maritime Méditerranée (SCMM) permettent de dresser un portrait-robot précis du plongeur accidenté. Il s'agit généralement d'un homme quinquagénaire, en surpoids, avec une condition physique moyenne, qui cumule des plongées profondes et des facteurs aggravants comme l'hypertension et la déshydratation.

Un portrait-robot révélateur

Muriel Vergne, responsable du SCMM, consigne depuis 17 ans toutes les données des accidents survenus sur la façade méditerranéenne : âge, symptômes, profondeur, etc. Cette base de données unique permet d'identifier les profils à risque. « C'est généralement un quinquagénaire qui n'est pas en très bonne condition physique et qui cumule des plongées profondes », explique-t-elle. La règle est de ne faire qu'une plongée profonde par jour, mais il est fréquent que des groupes en enchaînent une deuxième, notamment lors de week-ends organisés par des clubs venus de Paris, Lyon ou Clermont-Ferrand. Ces plongeurs, habitués à la fosse, ne sont pas toujours préparés aux plongées profondes en Méditerranée, où les sites d'épaves sont en moyenne dix mètres plus profonds que sur une plongée classique.

Des facteurs aggravants identifiés

Outre l'âge et la condition physique, le surpoids, l'hypertension et la déshydratation sont des facteurs aggravants. « Mais attention, je ne dis pas que les gens de 50 ans ne doivent plus plonger. Il faut que ça reste un plaisir et s'adapter. Quand on est fatigué, il faut savoir dire non à une plongée », précise Muriel Vergne. Les statistiques du Cross-Med montrent que dans 57 % des cas, les accidentés sont des hommes.

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Une course contre la montre de 183 minutes

En matière d'accident de plongée, chaque seconde compte. « Entre le début des signes et l'entrée du plongeur dans le caisson, si on dépasse 183 minutes, les risques de séquelles neurologiques augmentent », alerte la médecin urgentiste. Le premier maillon est le plongeur lui-même, qui doit donner l'alerte rapidement. Les premiers signes incluent une difficulté à respirer, qui peut être confondue avec de l'angoisse. Si cela survient en profondeur, les signes s'aggravent pendant la remontée, et le plongeur a tendance à remonter plus vite, augmentant son taux d'azote dans le sang.

Une mobilisation rapide des secours

Une fois le plongeur remonté, un appel est lancé au Cross Med, qui déclenche la mobilisation des secours, du Samu et du médecin hyperbariste de l'hôpital d'instruction des armées de Sainte-Anne à Toulon. Le compte à rebours est alors lancé pour respecter le délai maximal de 183 minutes. Cette coordination est cruciale pour minimiser les risques de séquelles neurologiques chez les plongeurs accidentés.

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