Grève des pompiers : campement au pied de la tour Eiffel et préavis jusqu'au 20 octobre
Grève des pompiers : campement au pied de la tour Eiffel

Au pied de la tour Eiffel, les pompiers professionnels ont installé un campement dimanche 27 septembre pour exprimer leur colère, avant une manifestation prévue mardi à Paris. Le préavis de grève court jusqu'au 20 octobre.

Un campement symbolique au Champ-de-Mars

Les syndicats de pompiers professionnels ont installé dimanche un campement au pied de la tour Eiffel, sous l'œil des touristes, pour signifier leur colère. Ils prévoient une déambulation lundi puis un défilé mardi à Paris, en participant à la manifestation de la fonction publique à l'appel d'une large intersyndicale. Depuis le 8 septembre, date du début du préavis de grève déposé par les neuf syndicats représentatifs des quelque 44 000 pompiers professionnels (hors militaires), ils ont multiplié banderoles, magnets et inscriptions sur les camions.

David Saquet, d'Unsa Sapeurs-Pompiers, explique que la "colonne de renfort de la colère" lancée dimanche matin vise à rencontrer la population et les élus "et leur dire ce qu'on a sur le cœur, leur afficher notre colère pacifique" et "notre détermination à se faire entendre auprès du gouvernement".

Une grève suivie et des revendications fortes

Le préavis de grève court jusqu'au 20 octobre, mais Rémy Chabbouh, de SUD Sdis, assure : "Hors de question qu'on lève le préavis tant qu'on n'a pas obtenu satisfaction." Adrien Legue, du syndicat Avenir Secours, souligne que "le mouvement de grève est suivi", avec parfois "100 % de grévistes dans certaines casernes", mais sans impact sur les secours du fait des réquisitions de personnels. La direction de la Sécurité civile indique que depuis le 8 septembre ont été comptabilisés "par jour, en moyenne" 2 682 pompiers professionnels en grève, soit 9,3 % des effectifs globaux.

Les pompiers professionnels, agents territoriaux, comme les quelque 200 000 pompiers volontaires, réclament des embauches, une meilleure protection de leur santé et un recentrage de leurs missions. Ils se disent éreintés après une intense saison des feux, marquée par le premier pyrocumulonimbus observé en France. Depuis janvier, environ 98 000 hectares ont brûlé, un record depuis cinquante ans, et huit pompiers sont morts, selon la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Face au réchauffement climatique, ils sont aussi sollicités à l'année : 19,9 millions de réponses à des appels et 4,89 millions d'interventions, dont plus des trois quarts pour des secours à la personne.

Des demandes sur la sécurité civile et le financement

Le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, dont une première synthèse a été présentée le 8 septembre, "ne satisfait personne" et fait "l'unanimité contre lui", selon Frédéric Monchy, du syndicat SNSPP-PATS. Il estime que ce texte est "fait pour être auto-sabordé". L'Association des directeurs de services départementaux d'incendie et de secours (Andsis) critique un texte qui "n'apporte pas les réponses structurelles qu'appelle pourtant l'évolution des risques et menaces, l'intensification des crises et la sollicitation croissante des services d'incendie et secours".

Les pompiers attendent aussi des mesures financières dans le projet de loi de finances. "On ne sait rien" des pistes nouvelles de financement pour les Sdis, commente Frédéric Monchy, si ce n'est l'effort budgétaire global de 54 milliards d'euros d'économies à faire en 2027. "Les seuls éléments portés à notre connaissance concernent une évolution de l'assiette, le pourcentage et le fléchage" de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA), qui s'applique aux contrats d'assurance des automobilistes. Une fraction de cette taxe est allouée aux départements pour financer les sapeurs-pompiers.

Le 20 octobre, date jusqu'à laquelle courent les préavis, marquera l'examen du projet de financement. En attendant, les pompiers organisent mardi une journée de solidarité avec les habitants du Porge en Gironde, où 183 maisons ont brûlé lors du mégafeu de juillet.