La vallée de la Gordolasque, située à 1h30 de Nice dans le Parc national du Mercantour, connaît un succès touristique exponentiel depuis les confinements. Paul Burro, maire de Belvédère depuis 2008 et administrateur du Parc national, décrypte cette affluence nouvelle et les défis qu'elle pose pour la préservation de ce site exceptionnel.
Une fréquentation en forte hausse depuis les confinements
Selon Paul Burro, la clientèle a « énormément changé » depuis les confinements. Les tempêtes Alex et Aline ont endommagé d'autres vallées comme le Boréon ou la Madone de Fenestre, tandis que la Gordolasque a été moins impactée. Résultat : la vallée attire désormais « trop de monde », d'autant que le Parc national du Mercantour et la vallée des Merveilles jouissent d'une « très bonne réputation sur les réseaux sociaux ».
Le maire observe l'arrivée de nouvelles nationalités : « On a des Hollandais, des Suédois, des Danois, des Japonais, des Chinois… Cette semaine, il y a même eu des Australiens et des Bangladais ! On a tous les pays, en fait. Et ça, c'est nouveau. »
Les risques liés à l'afflux de néo-randonneurs
Cette diversité s'accompagne de risques. Paul Burro pointe les « néo-randonneurs qui n'ont pas la culture de la montagne, qui se perdent et déclenchent les secours pour un oui ou pour un non ». Cela met en péril la vie des secouristes et des pilotes d'hélicoptère. Il recommande aux moins aguerris de faire appel à des guides ou accompagnateurs.
Il déplore également des comportements irrespectueux : « Des gens vont presque se garer dans le lac de Saint-Grat, se baignent dans des lacs d'altitude, ce qui est inconcevable ! »
Une richesse à concilier avec la protection
Malgré tout, Paul Burro considère cette diversité comme une richesse : « Tous ces visiteurs venus du monde entier sont des amoureux de la nature, de la montagne, de la biodiversité. » Il privilégie une « clientèle qualitative plutôt que quantitative », en soutenant le refuge, les restaurateurs locaux et les producteurs de confitures, polentes, farines.
Le maire insiste sur la nécessité de préserver ce patrimoine naturel : « Il y a 20 000 ans, la Gordolasque était une vallée glaciaire. Quand le glacier a fondu, il est resté cette vallée majestueuse, avec des cascades naturelles et des lacs d'altitude. Dans les années 60, des ouvrages hydroélectriques extraordinaires ont été réalisés. Mon rôle, c'est de préserver ça. »
Des restrictions à l'étude pour canaliser les flux
Face à l'affluence, des mesures sont envisagées avec le Parc national et la Métropole, à l'instar d'Allos : répartir les voitures, peut-être interdire les camping-cars qui occupent trois places de parking et restent quinze jours. « On est au fond de la vallée, on a deux cents places de parking, c'est rien. En juillet-août, on est en zone rouge tous les week-ends », précise-t-il.



