À Saint-Laurent-des-Arbres, dans le Gard, quinze des dix-neuf élus de la majorité municipale ont annoncé leur intention de retirer l'ensemble de ses délégations à la maire Sylvie Barrieu-Vignal lors du prochain conseil municipal. Dans un communiqué, ils dénoncent des décisions jugées « unilatérales » et le retrait des délégations du 1er adjoint. La première magistrate, de son côté, évoque « un climat de violence ».
Une majorité fracturée six mois après les élections
À peine plus de six mois après les élections municipales de mars dernier, la majorité municipale de Saint-Laurent-des-Arbres est en crise. Quinze des dix-neuf élus de la majorité ont fait savoir, dans un communiqué, leur intention de retirer l'ensemble des délégations de la maire lors du prochain conseil municipal. « Après avoir tenté à plusieurs reprises de privilégier le dialogue, l'écoute et la recherche de solutions collectives, nous constatons aujourd'hui que les conditions nécessaires à une collaboration sereine et constructive ne sont plus réunies », indiquent six des sept adjoints et des conseillers municipaux.
Cette équipe avait pourtant été élue au soir du premier tour des élections avec 57,18 % des suffrages. Mais les tensions sont apparues rapidement, notamment autour du projet d'aménagement de la rue Baron-Leroy, engagé sous la précédente mandature. Selon le 1er adjoint Kévin Appy, ce projet « a mis le feu aux poudres ». D'abord estimé à 48 000 €, son coût serait passé à 1,5 M€, une hausse qui a conduit les élus dissidents à déposer un amendement « afin de sécuriser sa réalisation ».
Des décisions unilatérales et un adjoint démis
D'autres dossiers, notamment les baux de chasse, ont fait l'objet, selon le communiqué, « de décisions prises unilatéralement, sans réelle concertation » par la première magistrate. Puis, à la fin du mois d'août, le 1er adjoint Kévin Appy s'est vu retirer ses délégations (travaux et cadre de vie) « pour rupture constatée du lien de confiance ». Dans un courrier adressé à la maire, des élus de la majorité ont exprimé leur « désaccord » face à cette décision qui « risque d'aggraver une situation déjà profondément dégradée et de créer une fracture durable au sein de l'équipe ».
« Elle est en train de reproduire ce qu'elle a fait pendant son premier mandat », déplore Kévin Appy, en référence à la destitution de plusieurs adjoints lors du précédent mandat de Sylvie Barrieu-Vignal. Ces éléments ont conduit quinze élus de la majorité à demander, à la mi-septembre, la convocation d'un conseil municipal dans un délai de trente jours pour retirer ses délégations à la maire.
La maire dénonce un climat de violence
Jointe par téléphone, Sylvie Barrieu-Vignal a précisé que seules « les délégations consenties par le conseil municipal, pas les autres » seraient concernées. Elle évoque « un climat de violence » et « une opposition de la majorité depuis le début » de la nouvelle mandature. Elle justifie sa décision de retirer ses délégations à son premier adjoint « car il n'y a pas de contradictoire possible avec lui ». « C'est terrible d'en arriver là, c'est difficile de conduire une commune dans ce cadre », poursuit celle qui est aussi 1re vice-présidente à l'agglomération du Gard rhodanien.
« Nous ne voulons pas d'une guerre de personnes », assurent les quinze élus, tout en indiquant que leur ligne de conduite reste « la réalisation de notre programme avec transparence, responsabilité, et loyauté ». « Aujourd'hui, nous sommes tous solidaires, on veut faire bloc », renchérit Kévin Appy, qui martèle : « Il est hors question pour nous de démissionner ». Le prochain conseil municipal s'annonce donc particulièrement houleux à Saint-Laurent-des-Arbres.