Le compte X « Balance ton Claude » a répondu ce jeudi, par écrit, aux questions de 20 Minutes, après avoir accusé l'auteur canado-haïtien Thélyson Orélien d'avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour écrire son roman C'était ça ou mourir, récompensé lundi soir du Prix Fnac. Les auteurs du compte, qui se présentent comme moins d'une dizaine, assument leur démarche et affirment n'avoir « aucun regret ».
Un outil de détection et une démarche de salubrité numérique
Interrogés sur leur lien avec Pangram, le logiciel utilisé pour scanner le roman, les auteurs du compte expliquent : « Pangram est, à l'heure actuelle, l'outil le plus efficace pour détecter des textes générés par IA. Nous n'aurons aucun problème à passer à un autre outil lorsque des concurrents de Pangram en auront développé un de plus pertinent, ce qui peut tout à fait arriver. » Ils précisent que moins d'une dizaine de personnes ont accès au compte X et peuvent poster et répondre.
Le compte a été créé en juin 2026, puis son nom d'utilisateur a été changé en septembre 2026. Les auteurs ne se souviennent plus précisément de la raison de ce changement : « Je ne me souviens plus, on a dû trouver que le @ précédent était moins drôle que l'actuel. » Leur objectif initial est clair : « dénoncer l'invasion de la bouillie-IA, le slop, sur le réseau social X », une « œuvre de salubrité numérique » qui visait d'abord ce réseau. Ce n'est que lorsque des lecteurs « déçus et suspicieux » leur ont parlé de l'œuvre d'Orélien qu'ils ont élargi leur champ d'action.
Une coïncidence et une absence de regrets
Les auteurs du compte assurent que la publication de leur accusation, peu après l'obtention du Prix Fnac, n'est pas préméditée : « Non, c'est une coïncidence. » Ils affirment avoir identifié l'usage d'IA dans le livre après que « de nombreux lecteurs le soupçonnaient, assez pour que ça parvienne plusieurs fois à nos oreilles ».
Malgré leur appel mercredi à « y aller mollo sur les attaques contre Thélyson Orélien », ils ne déplorent aucune attaque particulière et n'ont « aucun regret ». Ils justifient : « Il était impossible d'évoquer un sujet polémique publiquement sans que cela ne suscite de méchanceté. Même si c'est déplorable, toute figure publique s'expose à l'acharnement de la part d'internautes, surtout s'il a menti au monde entier. »
Une cible non assumée et des vérifications en cours
Contrairement à ce que suggère 20 Minutes, les auteurs du compte affirment que leur cible n'est pas « l'intelligentsia parisienne » : « Oui vous avez tort ! Nous ne reprochons pas à qui que ce soit de ne pas maîtriser l'IA ni de ne pas la détecter. Dans un monde rempli d'écriture automatisée et de machines, cette innocence est presque une qualité. » En revanche, ils dénoncent « le déni dont font preuve les derniers soutiens du livre d'Orélien », estimant que « ce n'est pas grave de s'être fait avoir à la lecture du roman, mais nier les preuves est malhonnête et discréditant ».
Interrogés sur la possibilité qu'ils aient passé d'autres romans au crible de Pangram, ils répondent simplement : « Oui, et c'est toujours en cours. » Le compte continue donc ses vérifications, tandis que la polémique autour du Prix Fnac reste vive.