Un pompier sur trois exposé à une blessure psychologique
Un pompier sur trois exposé à une blessure psychologique

En France, près d’un sapeur-pompier sur trois pourrait être confronté à une blessure psychologique, selon les données de la mutuelle nationale des sapeurs pompiers. Un risque appelé à s’intensifier avec le changement climatique, qui expose les soldats du feu à des interventions toujours plus longues et plus fréquentes. Tel est le constat dressé par Coralie Coste, psychologue sapeur-pompier au SDIS de l’Hérault, dans un entretien mené par Léna Jauze et publié par EcoloObs le 3 août 2026.

Dans cet échange, la spécialiste revient sur les conséquences de cette nouvelle réalité pour la santé mentale des équipes. Elle précise notamment que les mégafeux et les épisodes climatiques extrêmes placent les sapeurs-pompiers dans une situation de « double exposition » aux effets du changement climatique : d’un côté, ils subissent les risques directs de ces phénomènes en intervention ; de l’autre, ils sont confrontés de manière répétée à des scènes de destruction et de détresse.

Un tiers des sapeurs-pompiers concernés

Le chiffre est marquant : d’après la mutuelle nationale des sapeurs pompiers, environ un sapeur-pompier sur trois pourrait développer une blessure psychologique au cours de sa carrière. Ce ratio, déjà élevé, risque d’augmenter dans les prochaines années. Les données disponibles indiquent que le changement climatique ne se traduit pas seulement par une hausse des températures, mais aussi par une modification profonde des conditions d’exercice du métier de pompier.

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Les incendies de forêt, par exemple, deviennent plus vastes et plus intenses. Ils mobilisent les équipes pendant des journées entières, parfois sur plusieurs sites simultanément. Les épisodes de canicule, de sécheresse et d’inondations viennent allonger la liste des interventions d’urgence. Coralie Coste insiste sur le fait que ces événements peuvent, à court ou long terme, affecter la santé mentale des personnels.

Des interventions toujours plus longues et plus fréquentes

La « double exposition » décrite par la psychologue renvoie à une réalité opérationnelle. D’un côté, les sapeurs-pompiers sont directement exposés aux aléas du climat lors de leurs missions : chaleur extrême, fumées denses, risques d’embrasement, épuisement physique. De l’autre, ces missions les mettent au contact de populations sinistrées, de pertes matérielles et humaines, avec une intensité émotionnelle rarement égalée dans d’autres métiers.

Cette charge psychique ne disparaît pas à la fin de l’intervention. Elle peut se manifester par des troubles du sommeil, de l’anxiété, des syndromes de stress post-traumatique, ou encore par un épuisement professionnel. La psychologue souligne que la répétition des catastrophes climatiques rend ces troubles d’autant plus probables, car les pompiers n’ont pas toujours le temps de récupérer entre deux missions.

Un suivi psychologique encore perfectible

Dans son interview, Coralie Coste évoque les dispositifs de suivi mis en place pour les sapeurs-pompiers. Les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) disposent de psychologues et de cellules d’urgence médico-psychologique, mais l’ampleur des besoins questionne. La spécialiste appelle à une vigilance accrue pour ces professionnels « doublement exposés » aux effets du changement climatique.

L’entretien intervient dans un contexte marqué par l’actualité des incendies de l’été 2026. Une photographie prise le 29 juillet 2026 montre ainsi des pompiers de Marseille luttant contre un incendie à Saumos, en Gironde. Ce type d’image illustre la réalité des terrains d’intervention, mais aussi la pression qui pèse sur les équipes.

Une population vulnérable face au dérèglement climatique

Pour Coralie Coste, les sapeurs-pompiers constituent une population particulièrement vulnérable face au changement climatique. Cette vulnérabilité tient à leur position singulière : ils sont à la fois acteurs de la réponse aux catastrophes et victimes potentiellement exposées. Leur santé mentale devient donc un enjeu de santé publique à part entière.

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Alors que la France fait face à des étés de plus en plus chauds et secs, la question du soutien psychologique des soldats du feu s’impose comme un défi majeur. L’intervention de la psychologue de l’Hérault, relayée par EcoloObs, rappelle que la préparation opérationnelle ne peut pas ignorer la dimension humaine du métier.