Perpétuité requise en appel pour le meurtre de Soukeina au Cannet
Perpétuité requise en appel pour meurtre au Cannet

Mercredi 16 septembre, l'avocate générale Sophie Couillaud a requis la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, contre Hakim Briki, jugé en appel devant la cour d'assises du Var à Draguignan. Le quadragénaire est accusé de proxénétisme, viols, actes de torture et du meurtre de Soukeina, une ressortissante tunisienne de 23 ans, disparue début 2019 au Cannet (Alpes-Maritimes) et dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Un procès en appel marqué par le déni de l'accusé

Depuis l'entame de son procès d'appel il y a dix jours, Hakim Briki clame son innocence et refuse de répondre aux questions des avocats des parties civiles, Mes Marie, Proton de la Chapelle, Jemali et Chabri. En mars 2025, la cour d'assises des Alpes-Maritimes l'avait déjà condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans. Dix-huit mois plus tard, l'avocate générale Sophie Couillaud est arrivée aux mêmes conclusions après quinze jours de débats.

« Il faut écarter Hakim Briki durablement de la société des hommes dont il a bafoué les valeurs les plus essentielles », a-t-elle déclaré après deux heures de réquisitoires. « Sous un fin vernis de respectabilité se cache en réalité un être capable du pire, asservissant la femme au rang d'objet. » Elle a également évoqué un « bloc monolithique de déni » de la part de l'accusé.

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Des victimes multiples et un même mode opératoire

Avant Soukeina, Julie, Jihane et Laure (prénoms modifiés) ont décrit un schéma similaire. Ces jeunes femmes « vulnérables » ont vu en Hakim Briki un « bon samaritain » avant de subir « menaces répétées, hypercontrôle, terreur, main sur la bouche lors des viols », selon l'accusation. L'objectif était les gains de la prostitution.

Soukeina, arrivée enceinte de Tunisie à l'été 2018, avait un caractère plus affirmé. Selon Aya Limam, compagne de l'époque de l'accusé, elle aurait détourné le fruit de certaines passes fin 2018 alors qu'elle était séquestrée et affamée dans un studio rue Gallieni à Cannes. « Les actes de torture vont commencer dès le lendemain », a affirmé l'avocate générale, évoquant des gifles, des coups de poing et de l'eau chaude à 65 °C versée sur les pieds et le dos de la jeune femme. « Au point que sa peau, selon Aya Limam, se décollera », et que les plaies s'infecteront faute de soins.

La défense dénonce un manque de preuves

Me Proton de la Chapelle, représentant la famille de la disparue, a évoqué « cet énorme coup de pied au plexus dont Aya a été témoin », qui « a pu entraîner un pneumothorax ». Pour la défense, Me Luc Tran Duy a regretté : « J'ai la désagréable impression qu'on veut condamner au bénéfice du doute. On ne prononce que des hypothèses. Mais où sont les preuves ? Où est le corps ? Quel est le mobile ? »

Aya Limam a été condamnée à 15 ans de réclusion criminelle pour complicité de viols et de proxénétisme lors du procès niçois. Les déclarations concordantes de trois parties civiles, qui ne se connaissaient pas avant le premier procès, ont été jugées « crédibles car spontanées et constantes ». Le verdict sera rendu ce jeudi.

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