Italienne condamnée pour adultère en Égypte : risque de prison et perte de garde
Italienne condamnée pour adultère en Égypte : prison et garde menacées

Nessy Guerra, une Italienne de 26 ans originaire de San Remo, a été condamnée à six mois de prison ferme en Égypte pour adultère, une peine confirmée en appel fin avril 2026. Elle risque également des travaux forcés et la perte de la garde de sa fille de quatre ans, selon les informations rapportées par Euronews et le quotidien italien Corriere della Sera.

Une procédure judiciaire complexe

Le 19 février 2026, la jeune femme a été condamnée en première instance à six mois de prison ferme, peine confirmée en appel fin avril. Ces accusations font suite à une série de plaintes déposées par son ex-mari italo-égyptien, avec qui elle partage une petite fille de quatre ans. Après avoir demandé le divorce en 2021, Nessy Guerra a d'abord été accusée d'enlèvement de mineur et d'avoir vidé le domicile et les comptes bancaires de la famille. Toutes ces plaintes ont toutefois été classées sans suite.

L'affaire a pris une tournure diplomatique, le gouvernement italien suivant le dossier « avec une attention toute particulière » par l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani. Ce dernier a demandé une grâce au gouvernement égyptien.

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Des conditions de détention « effroyables »

L'avocate de Nessy Guerra, Agata Armanetti, a exprimé ses craintes quant aux conditions de détention dans le pays. « On ignore encore précisément en quoi consistent ces travaux forcés, et nous le craignons. Mais même s'ils n'étaient pas appliqués, les conditions de détention dans ce pays sont effroyables », a-t-elle déclaré au Corriere della Sera le 26 mai dernier. « Nous préparons un pourvoi en cassation, mais ma cliente risque de se retrouver en prison à tout moment. »

Le quotidien italien a également pu consulter un document rédigé en arabe, transmis par les avocats de l'ex-mari de Nessy Guerra à son conseil, intitulé « contrat de mariage italo-islamique ». Ce contrat stipule que la jeune femme doit se réconcilier avec son ex-mari, dont elle est pourtant divorcée. Elle est sommée de le suivre partout et de ne pas quitter le domicile conjugal sans son consentement. Le document prévoit des conséquences financières, voire pénales, en cas de violation, mais les clauses vont au-delà des simples litiges patrimoniaux.

Des exigences humiliantes et une menace directe

Selon ce contrat, Nessy doit s'engager à être une épouse « modeste » et « fidèle », et à ne pas exhiber de « bijoux ou de nudité » en public, sur les réseaux sociaux ou en privé. Elle ne doit rien cacher à son mari, lui remettre « les mots de passe de ses comptes de réseaux sociaux et de ses appareils électroniques, l'autoriser à y accéder et l'informer de tout changement ». Le document stipule enfin que Nessy doit « présenter des excuses publiques » via une réconciliation publique envisagée dans les médias, notamment à la télévision.

Dernier rebondissement en date, l'ex-mari de l'Italienne lui a adressé une nouvelle menace : « Épouse-moi à nouveau, ou tu vas en prison et je reprends notre fille », rapporte le quotidien La Repubblica. Nessy Guerra, toujours bloquée en Égypte, a appelé à un rapatriement en Italie le 26 juillet dernier, dans une interview accordée au Corriere della Sera. La décision du pourvoi en cassation reste en attente, et la jeune femme pourrait être incarcérée à tout moment.

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