Ce vendredi 11 septembre 2026, l'État a officiellement lancé à Marseille sa 11e campagne de prévention contre les risques de pluies intenses et d'inondations torrentielles. Les Alpes-Maritimes, particulièrement vulnérables, figurent parmi les 15 départements ciblés par ce dispositif qui vise à protéger les 9,1 millions d'habitants du pourtour méditerranéen.
Un risque élevé dans les Alpes-Maritimes
Selon les cartographies de Météo-France, entre 1976 et 2025, les Alpes-Maritimes ont essuyé en moyenne un à deux épisodes méditerranéens intenses chaque année, avec plus de 150 mm de pluie en une journée. Cette vulnérabilité s'explique par un relief escarpé, du littoral jusqu'aux sommets du Mercantour, où la moindre goutte d'eau ruisselle instantanément, transformant les vallons secs en torrents dévastateurs.
Le département a déjà connu la brutalité de ces phénomènes. En octobre 2015, des orages sur Cannes, Antibes, Biot et Mandelieu avaient causé la mort de 20 personnes, piégées pour beaucoup dans des parkings souterrains. Le 2 octobre 2020, la tempête Alex déversait un demi-mètre d'eau sur la Roya, la Vésubie et la Tinée, emportant ponts, routes et habitations, faisant 10 morts et 8 disparus, avec plus d'un milliard d'euros de dégâts. En octobre 2023, la tempête Aline avait conduit la préfecture à déclencher l'alerte rouge.
Un coût économique lourd
Dans le département, cinq communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle inondation plus de 30 fois entre 1982 et 2025. Sur l'ensemble du bassin méditerranéen, trois quarts des communes ont été indemnisées ces trente dernières années. Le coût économique des épisodes méditerranéens est donc considérable pour les collectivités et les habitants.
Pour renforcer la prévention, Jean-Didier Berger, ministre délégué au ministère de l'Intérieur, et Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique, ont présenté les nouveaux outils de cette campagne. L'accent est mis sur l'expérimentation d'une carte de vigilance infra-départementale, portée par Météo-France, qui affinera les alertes sur quatre paramètres : vent, orages, inondations et verglas. L'objectif est d'éviter de paralyser un département entier quand seule une vallée ou une frange littorale est ciblée par un orage stationnaire.
Des consignes claires et un kit d'urgence
La campagne de prévention déploie une communication renforcée sur les réseaux sociaux, les plateformes audio comme Spotify ou Deezer, la télévision et le site dédié pluie-inondation.gouv.fr. En cas d'alerte orange ou rouge, des spots ciblés interrompront les antennes pour dicter la conduite à tenir. Les autorités martèlent plusieurs règles d'or : ne pas aller chercher ses enfants à l'école, ne pas s'engager en voiture ou à pied dans une zone inondée ou un passage sous-terrain, ne pas descendre dans les caves ou les parkings, et s'éloigner des cours d'eau pour se réfugier en hauteur.
L'État exhorte également chaque foyer maralpin à préparer son « kit d'urgence 72h » (eau potable, denrées non périssables, radio à piles, trousse de secours, photocopies des papiers d'identité, lampe de poche), indispensable pour tenir en autonomie si un quartier ou une vallée venait à se retrouver coupé du monde. Un temps fort d'exercice et de sensibilisation sera organisé le 13 octobre prochain dans le cadre de la Journée nationale de la résilience.



