Le Pitt Rivers Museum de l’université d’Oxford, en Angleterre, va restituer à la communauté Naga, en Inde, les restes de 39 personnes prélevés durant l’époque coloniale britannique et conservés pendant des décennies dans ses collections, a indiqué, lundi 7 septembre 2026, le musée à l’AFP. Le musée, qui possède la plus importante collection d’objets nagas au monde, a confirmé préparer le retour de ces dépouilles ancestrales après l’approbation de la demande formulée par le Forum for Naga Reconciliation (FNR), une organisation représentant cette population autochtone du nord-est de l’Inde.
Vers une « guérison » ?
Ces restes humains avaient été collectés au début du XXe siècle par des administrateurs coloniaux britanniques et certains sont restés exposés au public jusqu’en 2020. La directrice du musée, Laura Van Broekhoven, a salué un processus ayant permis de faire de cette restitution un mouvement de « guérison et d’unification » à l’échelle de la communauté naga.
« Pour le peuple naga, ce rapatriement ne se résume pas au retour des ossements et des restes ancestraux sur leur terre, mais il s’agit avant tout de voir la mémoire retrouver sa juste place », ont salué le FNR et d’autres organisations impliquées dans l’accord, dans un communiqué transmis à l’AFP.
Une délégation naga attendue à Oxford
Selon le musée, la demande de restitution portait sur 40 restes humains et l’université d’Oxford a approuvé le 13 juillet le retour de 39 d’entre eux, estimant qu’un dernier spécimen ne pouvait être identifié avec suffisamment de certitude comme appartenant à une personne naga.
Depuis plusieurs années, le musée travaille avec le FNR, des chefs tribaux, des responsables religieux et des représentants communautaires afin de déterminer les modalités de retour des dépouilles. Une date pour la cérémonie de remise doit encore être arrêtée. Une délégation naga devrait alors accompagner les restes jusqu’à leur territoire d’origine.
Les restitutions en question…
Ce projet s’inscrit dans un mouvement international de restitution d’objets et de restes humains acquis durant la période coloniale par des institutions occidentales : en 2022, le musée Horniman de Londres a restitué au Nigeria 72 artefacts parmi lesquels 12 bronzes du Bénin, tandis que l’université d’Edimbourg a restitué les crânes de six membres d’une tribu amérindienne début 2026.
La législation britannique empêche les musées nationaux d’effectuer des restitutions. Certains contournent cependant la loi en organisant des prêts de longue durée, comme en 2024, avec 32 objets en or renvoyés au Ghana pour six ans par le British Museum et le Victoria & Albert Museum.



