Le ministère de la Santé a dévoilé, ce lundi, sa feuille de route pour la stratégie nationale de santé sexuelle à l’horizon 2030. Ce document programmatique s’appuie sur les avancées enregistrées depuis 2017, parmi lesquelles le premier programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), l’inscription dans la Constitution de la liberté de recourir à l’IVG, ou encore l’accès au dépistage du VIH et des IST sans ordonnance, pris en charge intégralement pour les moins de 26 ans.
Des défis persistants et cinq axes prioritaires
Le ministère reconnaît toutefois que « des défis persistent », citant « des inégalités sociales et territoriales, les évolutions des pratiques, les transformations liées au numérique et l’émergence de nouveaux phénomènes, parmi lesquels le chemsex ». Pour y répondre, la feuille de route met en avant cinq axes prioritaires.
Prévention précoce et information des publics
Le premier axe vise à renforcer l’information en amont, notamment via le déploiement effectif de l’Evars, avec les jeunes comme cible prioritaire. La loi prévoit au moins trois séances par an dans les écoles, les collèges et les lycées. Le programme entend « faciliter la mise en œuvre de ces séances obligatoires et soutenir les enseignants grâce à un cadre clair et partagé à l’échelle nationale ». Il doit aussi permettre de communiquer de manière transparente, notamment à destination des familles, sur « le contenu des séances et les principes de mise en œuvre ».
Le deuxième axe concerne l’accès aux offres de santé sexuelle. Le ministère souhaite une meilleure visibilité des structures – centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), centres de santé sexuelle, médecine de ville – afin d’en faciliter l’accès « au plus près de son lieu de vie ». Le développement des dispositifs « aller-vers », qui consistent à envoyer des équipes médicales mobiles sur des thématiques précises (santé mentale, handicap, soins bucco-dentaires, etc.), doit aussi contribuer à toucher les publics les plus éloignés des soins.
Accélérer la lutte contre le VIH, les IST et les hépatites
Le troisième axe porte sur l’accélération de la lutte contre le VIH, les IST et les hépatites virales. La France veut maintenir « son ambition d’élimination de la transmission du VIH à l’horizon 2030, en renforçant le dépistage, la prévention combinée et l’accès aux traitements innovants comme la PrEP ».
Le quatrième axe « consolide l’accès effectif à la contraception et à l’IVG, dans une logique de simplification des parcours et d’égalité d’accès sur l’ensemble du territoire ».
Lutter contre les inégalités
Enfin, le ministère témoigne d’une « attention renforcée » aux publics les plus exposés : jeunes, personnes en situation de précarité, personnes en situation de handicap, personnes LGBT+, personnes migrantes et personnes en situation de prostitution. Cette stratégie nationale devra désormais être déclinée en actions concrètes sur le terrain, avec un suivi régulier pour mesurer les progrès d’ici 2030.



