Ethan Hawke, 55 ans, vedette des Contrebandiers de Padraic McKinley, en salles ce mercredi, a révélé avoir terminé le tournage avec un pouce cassé, des déchirures musculaires au bras et les côtes en compote. Revenu sur ce film d'aventures, sur sa carrière et sur l'état de son pays sous Donald Trump, il confie à 20 Minutes son malaise : « Je me sens mal à l'aise dans ma peau d'Américain. »
Un tournage éprouvant mais heureux
Interrogé sur l'expérience du tournage des Contrebandiers, Ethan Hawke explique qu'il savait à quoi s'attendre : « On ne signe pas pour un film comme celui-ci si on n'a pas l'intention de vivre un tournage difficile. » Il précise que sa femme est la productrice, le réalisateur et le scénariste étant des amis. « On avait tous envie de vivre cette aventure ensemble. On est parti en forêt et on a mis six semaines à en ressortir avec un film. »
L'acteur confirme avoir « vraiment bavé » : « J'ai terminé avec un pouce cassé, des déchirures musculaires au bras et les côtes en compote, mais j'étais heureux. » Il ajoute : « Les blessures ne sont pas un problème si le film en vaut la peine. Ce n'est que si le film est nul qu'on a des regrets. » Il compare l'expérience à « être en colonie de vacances », avec des soirées à regarder des films ensemble dans un petit hôtel. « J'adore toujours autant le cinéma, ce qui me semble indispensable quand on est comédien. »
Une vague de nostalgie à Deauville
Évoquant l'émotion ressentie quand Juliette Binoche lui a remis son trophée au Festival du Cinéma américain de Deauville, Ethan Hawke déclare : « J'ai été submergé par une vague de nostalgie. » Il se souvient de sa première visite à Deauville pour Croc Blanc de Randal Kleiser, il y a trente-cinq ans. « Comment aurais-je pu imaginer que des années plus tard, Juliette Binoche serait là pour me faire un discours ? J'étais un jeune acteur plein de rêves à l'époque et je n'aurais jamais pensé que je tournerais dans autant de films. »
À propos du film qui a lancé sa carrière, il cite Le Cercle des poètes disparus : « Je crois que ce film a changé ma vie. » Il raconte n'avoir pensé qu'à « ne pas se ridiculiser devant Robin Williams qui était si brillant ». Il ajoute : « Il m'a appris la liberté et la spontanéité et je ne l'ai pas compris tout de suite. » Il souligne que sa première expérience de la célébrité a été collective : « Ce n'est pas moi seul qui étais fabuleux mais toute l'équipe et le film lui-même. »
Un malaise face à la politique américaine
Interrogé sur sa déclaration à la remise de prix, selon laquelle il est « compliqué d'être américain en ce moment », Ethan Hawke explique : « Je me sens mal à l'aise dans ma peau d'Américain. » Il déplore : « C'est quand même dingue que les livres d'Histoire regorgent de fous furieux absolument révoltants. » Il poursuit : « Je me doutais que ce serait terrible mais ce qui se passe aux États-Unis est encore pire que ce que j'imaginais. Ce qu'on fait à l'environnement est atroce. On bombarde des pays. On vole du pétrole. Notre relation avec le Canada tourne au comique. »
Il critique le président : « On a un président qui nous appauvrit et qui accroît sa fortune personnelle quotidiennement. » Il ajoute : « J'espère qu'on pourra réparer ce qui est déjà détruit mais le Président des États-Unis me fait penser à Voldemort dans la saga Harry Potter. Il est si toxique que j'ai peur de dire son nom. »



