Incendie du Var : les associations répondent au préfet
Incendie du Var : les associations répondent au préfet

Deux associations de protection de l'environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et la Station d'observation et de protection des tortues et de leurs milieux (Soptom), ont réagi aux critiques du préfet du Var. Elles affirment que leur recours contre l'arrêté préfectoral sur le débroussaillage n'a pas empêché la protection de la forêt brûlée au Gros Bessillon.

Un recours jugé inopportun par le préfet

Au milieu de l'été 2026, alors que l'incendie du Gros Bessillon venait d'être éteint, le préfet du Var, Simon Babre, a exhorté les deux associations à retirer leur recours. Lors d'une visite auprès d'agriculteurs sinistrés, il a jugé ces recours inopportuns pour « travailler sereinement », tout en admettant que les obligations légales de débroussaillage (OLD) étaient « insuffisamment mises en œuvre ».

Les associations ont appris cet appel par voie de presse. « Le recours que nous avons déposé n'a en rien empêché la protection de la forêt qui a brûlé au Gros Bessillon », ont-elles réagi ensemble. Le contentieux remonte à décembre 2025, avec un recours gracieux, puis une saisine de la justice administrative. « Il n'a pas été possible de trouver les solutions », explique Anaël Marchas, chargé de mission juridique à la délégation régionale de la LPO.

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Des mesures de précaution pour les espèces protégées

Pour la préfecture, le débroussaillage est essentiel pour protéger les habitats naturels. « Le débroussaillement constitue la meilleure façon de préserver les habitats naturels », résume Simon Babre. Les associations réfutent toute opposition aux OLD. « En aucun cas nous ne sommes opposés aux OLD, c'est même tout le contraire », affirment-elles, soulignant leur collaboration avec d'autres départements.

Dans le Var, la biodiversité est particulièrement riche. « Nous demandons l'intégration de mesures de précaution, en faveur d'espèces protégées dont le Var regorge, détaille Sébastien Caron, directeur de la Soptom. Cela porte sur le choix des outils de débroussaillage, des périodes pour le faire, sur les seuils de surfaces impactées. » Il insiste : « On est favorables aux OLD, elles sont utiles et indispensables. On est pour le travail de défense des forêts contre l'incendie. »

L'avis de la communauté scientifique et du Conseil d'État

Avant sa signature, l'arrêté préfectoral avait reçu un avis défavorable du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRNP). En juin 2025, celui-ci regrettait que le texte « minore fortement les mesures spécifiques possibles pour la conservation des tortues d'Hermann » et que « l'impact des débroussaillements lourds liés aux travaux d'OLD est sous-estimé ».

Une décision du Conseil d'État de février 2026 est considérée comme une victoire par les associations. La plus haute juridiction administrative confirme que les OLD n'exonèrent pas les pouvoirs publics de demander des dérogations dès que « la présence d'une ou plusieurs espèces protégées menacées est avérée ».

Des recours non suspensifs

Déposé en mars 2026 devant le tribunal administratif de Toulon, le recours est à l'instruction. « De toute façon, ces recours ne sont absolument pas suspensifs et prennent plusieurs années, souligne la LPO. Donc, ils n'ont empêché aucune action de débroussaillage dans le Var en 2026. »

Concernant la tortue d'Hermann, « reptile parmi les plus menacés en Europe et dans le monde », on ne la trouve plus que dans quelques secteurs du Var et de Corse. « Les incendies du Gros Bessillon et de Brignoles ont eu lieu en marge de l'aire de répartition des tortues, souligne Sébastien Caron. Toutes les communes incendiées sont situées en dehors du périmètre validé par l'État. »

Malgré cela, des tortues ont été retrouvées dans les secteurs brûlés. Sur une superficie de 25 hectares, 8 tortues calcinées ont été repérées. C'est l'une des espèces les plus sensibles, « sans aucune capacité de fuite », et qui « se remet le moins vite ». Les associations demandent désormais à dialoguer avec le préfet. « Nous voudrions déjà pouvoir discuter », conclut Sébastien Caron.

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